Open d’Australie 2022: le visa de Djokovic à nouveau annulé!
Un énième rebondissement dans l’affaire Novak Djokovic, pas des moindres. Crédits: AFP
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Open d’Australie 2022: le visa de Djokovic à nouveau annulé!

Nouveau coup de théâtre en Australie: le ministre de l’immigration annule le visa de Novak Djokovic "sur base de l’intérêt public", à trois jours du début de l’Open d’Australie.

Le gouvernement australien a relancé ce vendredi la saga Djokovic en annulant une nouvelle fois son visa, ce qui pourrait conduire, sauf nouveau rebondissement, à l’expulsion, avant le début de l’Open d’Australie (ce lundi), du Serbe qui voulait entrer dans le pays sans être vacciné contre le Covid-19.

Le tennisman de 34 ans continuait à s’entraîner dans la journée de vendredi à Melbourne dans l’espoir de conquérir un 10e titre à l’Open d’Australie et une 21e victoire en Grand Chelem, ce qui serait un record.

Las, en fin de journée, le ministre de l’Immigration a publié un communiqué annonçant l’annulation, pour la deuxième fois, du visa australien du N.1 mondial. Une décision prise "sur des bases sanitaires et d’ordre public", a précisé Alex Hawke, qui s’est dit "fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19".

"Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé", a défendu de son côté le Premier ministre australien Scott Morrison.

"Nole" avait déjà vu son visa annulé à son arrivée à Melbourne le 5 janvier et il avait été placé en centre de rétention. Mais ses avocats avaient obtenu d’un juge qu’il rétablisse son visa et ordonne sa libération immédiate le 10 janvier.

 

Soit se battre, soit partir

 

Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d’entrée en Australie, et n’avoir pas respecté les règles d’isolement après avoir été testé positif au Covid-19 en décembre --une contamination dont il espérait qu’elle lui permettrait de bénéficier d’une exemption pour entrer en Australie sans être vacciné.

Djokovic a plaidé aussi "l’erreur humaine" pour expliquer comment une mauvaise case dans son formulaire d’entrée en Australie a été cochée.

Le N.1 mondial était toujours sous la menace d’une expulsion au nom du pouvoir discrétionnaire du ministre de l’Immigration, finalement employé vendredi après un suspense de cinq jours.

Les rêves d’un 10e titre à Melbourne s’éloignent, d’autant plus que cette annulation implique que Djokovic sera interdit d’entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles.

L’avocat spécialisé dans les questions d’immigration Christopher Levingston assure toutefois que Djokovic peut interjeter appel de la décision ministérielle devant le tribunal fédéral.

"Djokovic est extrêmement bien armé et dispose d’une équipe compétente autour de lui. Il peut soit rester et se battre, soit partir", a expliqué Levingston.

L’interdiction de visa de trois ans peut être levée pour répondre aux intérêts des Australiens, a ajouté l’avocat.

Cette saga autour du champion de tennis comporte une charge politique très forte en Australie, où les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici mai.

 

Ses propres règles

 

Alors que la décision du gouvernement se faisait attendre, la pression s’intensifiait autour du Premier ministre Scott Morrison, accusé d’"incompétence" par la cheffe de l’opposition travailliste Kristina Keneally, faisant remarquer que le Serbe avait obtenu son visa 58 jours plus tôt.

Certains joueurs de tennis ont plaidé pour que Djokovic puisse participer à l’Open, mais d’autres étaient beaucoup plus critiques.

Novak Djokovic "a joué selon ses propres règles" en choisissant de ne pas se faire vacciner avant l’Open d’Australie et "fait passer la majorité des joueurs pour des idiots", a estimé jeudi le Grec Stefanos Tsitsipas, N.4 mondial, dans une interview au média indien WION.

"Ça demande beaucoup de culot de le faire et ça met tout le tournoi en danger... Je ne pense pas que beaucoup de joueurs feraient cela", a-t-il ajouté.

Le feuilleton est aussi suivi assidûment en Serbie, où des responsables politiques érigent la star en héros national.

Dans les rues de Belgrade, Stanislav Urosevic, retraité de 69 ans, maugréait après la décision du gouvernement australien: "J’ai l’impression que l’on veut l’empêcher à tout prix de remporter un nouveau titre, comme c’est parti ils vont interdire le tennis si nécessaire".

"Je pressentais quelque part que les politiciens ne le lâcheraient pas, qu’ils finiraient par prendre cette décision. Tout cela est dégoûtant", réagissait pour sa part Jasmina Ostojic, 47 ans, caissière d’un supermarché.