BRUXELLES

Pourquoi les jeunes pour le climat disent non à la taxonomie européenne? (vidéo)

En incluant le gaz et l’énergie nucléaire dans sa taxonomie verte, la Commission européenne s’est attiré les foudres des jeunes pour le climat qui n’ont pas manqué de lui faire savoir.

La taxonomie verte de la Commission européenne, c’est le classement des activités considérées comme durables à des fins d’investissements, une classification des activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement et dans lesquelles il faudra investir dans le futur.

C’est de plus en plus difficile de faire confiance à la Commission européenne.

Sauf qu’en incluant (sous certaines conditions) le gaz et l’énergie nucléaire dans celle-ci et en considérant donc ces deux sources d’énergie comme "des activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement", les dirigeants européens ont réveillé l’ardeur des jeunes qui luttent depuis des mois pour le climat. "C’est de plus en plus difficile de faire confiance à la Commission européenne, regrette Chloé Mikolajczak, l’une de leurs portes-paroles. Elle nous fait des promesses, elle nous présente un green deal et des ambitions pour le climat, et puis dans les faits, on découvre un texte qui était censé être extrêmement important, derrière lequel la motivation était extrêmement honorable et dont le résultat va faire, qu’aujourd’hui, on va avoir des investissements massifs et pendant des dizaines d’années dans le nucléaire et dans le gaz fossile. Et ça, c’est inconcevable."

Sous les fenêtres de la Commission européenne, des jeunes, issus de plusieurs pays membres dont la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, ont pris la parole pour discourir de la situation en regard de leurs spécificités nationales, appelant à ce que seules les énergies "propres" soient mentionnées dans la taxonomie.

Car même si plusieurs États membres ont déjà fait savoir qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’idée, il semble difficile pour l’heure de réunir une majorité de blocage alors que le texte doit être voté dans les prochaines semaines.

Cela n’a pas de sens de les inclure dans le texte qui, du coup, les considère comme vert et leur octroie le droit à des investissements et des subsides.

Pour les jeunes, le débat ne devrait même pas avoir lieu, voir ces deux sources d’énergie ajouter au texte est un non-sens. "On est bien conscient que la question du nucléaire et la question du gaz fossiles sont complexes, reprend la porte-parole. Mais même si on risque d’encore utiliser ces énergies comme énergie de transition pendant quelques années, cela n’a pas de sens de les inclure dans ce texte qui, du coup, les considère comme vertes et leur octroie le droit à des investissements et des subsides. On veut que le nucléaire et le gaz fossile soient retirés du texte de la taxonomie verte."

Selon les jeunes activistes, il n’est pas encore trop tard pour changer les choses. "Sinon, on ne serait pas ici aujourd’hui", insistent-ils. "On se bat aujourd’hui pour sensibiliser l’opinion publique, pour montrer que nous les jeunes, nous ne sommes vraiment pas d’accord avec ces décisions, complète Chloé Mikolajczak. L’idée est de faire pression sur nos gouvernements nationaux pour qu’eux, derrière, fassent pression sur la Commission européenne. Ils ont jusqu’au 17 janvier pour soumettre leurs commentaires, donc c’est maintenant qu’il faut leur mettre la pression."

Pourtant, il faut que rappeler que l’absence d’ambition climatique signifie littéralement la peine de mort pour beaucoup de personnes dans les pays du sud. L’urgence est absolue.

Dans la question climatique, il est, malgré tout, minuit moins une, ne manquent-ils pas de rappeler. "Chaque jour qui passe, chaque mois qui passe, c’est du temps perdu pour essayer d’atteindre nos objectifs, termine l’activiste pour une justice climatique. Aujourd’hui, les objectifs au niveau mondial sont très loin de ce dont nous avons besoin dans une optique de justice climatique. Pourtant, il faut que rappeler que l’absence d’ambition climatique signifie littéralement la peine de mort pour beaucoup de personnes dans les pays du sud. L’urgence est absolue."