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Ferrières

Michaël vit avec ses chiens-loups: "Ils m’ont fait comprendre la loyauté et le respect" (vidéo)

Michaël partage sa vie avec ses quatre chiens-loups et son berger malinois. Une passion sans concession...

Michaël (alias Loup Amarok), habite un joli hameau de Ferrières. Ce trentenaire a décidé de vivre pleinement ses passions. Pianiste et chanteur lyrique, créateur d’un jardin exceptionnel sur plus d’un hectare autour de sa maison, il est amoureux des loups depuis son plus jeune âge. Il raconte la naissance de cet amour. "Je suis allé à Anvers rencontrer un éleveur de chiens-loups. Cinq bébés venaient de naître. J’ai eu le coup de foudre pour ces animaux, non seulement à cause de leur beauté, mais de leur regard. C’est comme si nous nous connaissions depuis toujours. C’est inexplicable…".

 

 

Découvrez Michaël et ses chiens-loups dans notre vidéo ci-dessous.

 

 

 

Michaël vit avec ses chiens-loups:
Ferrières: Michaël et ses chiens-loups. Photo: © Jacques Duchateau

 

Michaël est reparti de là avec un chien-loup sous le bras. De fil en aiguille, il rencontre d’autres éleveurs, affine ses connaissances et agrandit la famille. Il acquiert deux chiens-loups de Saarloos et deux Tchécoslovaques (lire ci-dessous). Il explique. "J’ai actuellement quatre chiens-loups, dont un que j’ai sauvé de maltraitance, et un berger malinois. Ils s’appellent Louve, Mozart, Nevada, Amarok et KAVA’loup. Ils vivent dans la maison avec moi et ont un espace propre de 1500 m2 où ils vont quand j’ai des visites."

 

Pour que ses chiens soient en harmonie, Michaël a dû respecter certains principes d’une meute. "Le chien, présent avant eux, est le chef. Pour qu’une meute soit équilibrée, il faut un Bêta, un Oméga, et des Alpha. Louve et Mozart sont les chefs de meute, ceux qui mangent en premier. Ce sont les Oméga. Amarok, l’Alpha, est le bouffon, celui grâce auxquelles les tensions de la meute sont supprimées. KAVA’loup et Nevada sont les chasseurs, les Bêta."

 

Michaël vit avec ses chiens-loups:
Ferrières: Michaël et ses chiens-loups. Photo: © Jacques Duchateau

 

 

 

«Ils demandent une attention constante»

 

 

 

Michaël se définit quant à lui comme le référent, celui qui les nourrit, les amuse, les promène, mais pas comme chef de meute, sauf en cas de conflit. "S’ils se battent, j’interviens pour remettre de l’ordre et ne pas laisser la situation dégénérer. Au niveau de la vie quotidienne, les chiens demandent une attention constante. Par amour pour eux, j’ai fait le choix de privilégier le travail à la maison et je donne désormais des cours de chant lyrique à la maison. Mes chiens-loups m’ont ouvert des portes, fait comprendre la loyauté, le respect et la hiérarchie, m’ont fait accepter des choses que je n’avais pas envie d’entendre et m’ont appris à prendre sur moi."

 

 

 

 

"J’ai l’impression d’être en connexion avec eux"

 

 

Les sociabiliser

 

"Quand j’ai adopté Nevada, il était terrorisé. J’ai testé l’indifférence, ensuite j’ai dormi dehors, dans leur espace, pendant un mois, pour que la meute connaisse mon odeur. Après un an d’efforts, Nevada est venu mettre sa tête sur mes genoux. C’était l’acceptation. Quand un loup t’accepte, c’est pour la vie."

 

Les soins

 

"J’élabore moi-même leur régime alimentaire car ils ne supportent pas la nourriture industrielle. De même, quand il faut les soigner, ils sont trop sensibles aux médicaments, il leur faut des traitements particuliers."

 

Leur instinct de survie

 

"Les hommes adoptent parfois des chiens pour se protéger. Ici, même en cas de danger, mes chiens-loups ne me défendront pas, mais vont se mettre derrière moi. Dans la nature, si un loup se blesse, c’est une mort certaine. Leur instinct de survie les empêche de prendre des risques, même pour leur maître."

 

Leur peur de la société

 

"Leur côté sauvage fait qu’ils ont un côté imprévisible. Ils ont un côté primitif mais il est impossible de s’ennuyer avec eux. Une balade peut durer 15 minutes ou 2 heures. En société, ils sont peureux, je peux aller boire un café avec eux à une terrasse, ils ne bougent pas. Il faut juste éviter les camions-poubelles, ils ont trop peur. Dans les bois, ils retrouvent leur joie de vivre naturelle."

 

Leur caractère

 

"Ils sont intelligents, manipulateurs, très affectueux, voire fusionnels, et ont une intuition sur développée. Ils anticipent toutes mes actions avant que je fasse un mouvement. C’est bluffant. J’ai l’impression d’être tout le temps en connexion avec eux, et parfois de devenir comme eux."

 

Un choix sans concession

 

"Adopter des animaux à demi “sauvages” ouvre le cœur et l’esprit, mais implique des sacrifices. Je ne peux jamais les laisser seuls: j’ai fait une croix sur les vacances, le restaurant, aller cher le coiffeur sans eux… mais je suis heureux de ce choix."

Michaël vit avec ses chiens-loups:
Ferrières: Michaël et ses chiens-loups. Photo: © Jacques Duchateau

 

 

 

 

 

Le Saarloos, "chasseur et pantouflard"

La race "Saarloos" (brun de forêt) a été créée par un éleveur canin hollandais, Leendert Saarloos, via un croisement entre un berger allemand et une louve originaire de la branche sibérienne du type européen. "Le caractère de cette race n’est pas bien déterminé:parfois chasseur, parfois pantouflard, raconte Michaël. En tout cas plus complexe, réservé, mais néanmoins sociable. La race tchécoslovaque a quant à elle été créée pour l’armée tchécoslovaque. Les caractéristiques sont l’intelligence, l’endurance, la sociabilité, l’agilité, la force, la nervosité. Ces chiens-loups ont un caractère fort."