Aéroport et environnement sont-ils inconciliables?
Les directeurs des différents acteurs de l’aéroport se sont réunis ce mardi.Crédits: van Kasteel
Charleroi

Aéroport et environnement sont-ils inconciliables?

BSCA, ses opérateurs et ses compagnies aériennes s’engagent, dans un accord commun, à réduire leur impact écologique.

Ce mardi 30 novembre, Brussels South Charleroi Airport, la Sowaer (Wallonie), Eurocontrol, Skeyes, Sabca, Ryanair, TUI Fly et Air Corsica ont cosigné un "Collaborative Environmental Management Agreement" (CEM). Il s’agit d’un accord entre toutes les parties de travailler ensemble à réduire l’impact environnemental du secteur aérien. De son côté, BSCA s’est aussi engagé à réduire de 35 % ses propres émissions de CO2 d’ici 2030 et d’atteindre le "zéro carbone" d’ici 2050. Certaines compagnies aériennes sont dans la même optique.

Que vaut cet accord? C’est avant tout une prise d’acte d’une volonté commune. "L’accord n’est pas opérationnel, il vise surtout à mettre en place une bonne collaboration entre les différents acteurs de l’aéroport de Charleroi, pour échanger les bonnes pratiques et travailler ensemble à trouver des solutions", indique Quentin Evrard, environmental manager à BSCA, engagé il y a un an. Un premier comité s’est déjà réuni, un second suivra en février prochain. "Pendant une après-midi, on débat, on discute, on envisage des pistes. Puis ceux qui appliquent certaines solutions font un retour, les autres peuvent alors estimer s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise idée pour leur propre activité."

Rien de concret donc, pour l’instant, mais au moins une volonté affichée, signée, de faire mieux. "Il faut qu’on puisse garantir un avenir sain, la Terre nous a envoyé des signaux qu’on ne peut plus ignorer", indique Philippe Verdonck, CEO de BSCA. "Dans une conférence, récemment, quelqu’un a dit avec raison : soit l’aviation baisse son empreinte environnementale, soit il faudra réduire l’avion", renchérit Philippe Merlo, d’Eurocontrol.

Pour le ministre Jean-Luc Crucke, présent pour la signature de l’accord, "dans l’aérien au sens large, seule l’obligation de résultat compte. Et il faut réussir à marier économie et écologie. Je ne suis pas pour supprimer les avions, purement et simplement, parce que la croissance est liée à la mondialisation, qui, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, apporte aussi une forme de paix entre les nations. Plutôt que de mettre fin à une activité, il faut la transformer, parfois radicalement. Les motorisations électriques, à hydrogène ou hybrides arrivent pour les avions, ça met parfois du temps, et pendant ce temps il est possible d’agir ailleurs."

Le ministre indique par ailleurs avoir demandé un rapport pour coordonner le rail et l’aérien dans les deux aéroports wallons (Charleroi et Liège) afin d’aussi réduire le recours à la voiture pour les passagers. Voitures qui sont, elles aussi, une des grandes sources de pollution des aéroports.