• Les chauffeurs Uber ne seront plus admis à Bruxelles dès ce vendredi. Ils préviennent qu’on risque encore de les entendre klaxonner dans les rues de la capitale.
Bruxelles

"On va bloquer Bruxelles tous les jours en faisant l’escargot": les chauffeurs Uber au finish tant que Vervoort ne les entend pas

Les chauffeurs Uber sont remontés contre le Gouvernement Vervoort. Ils bloquent plusieurs tunnels bruxellois et la petite ceinture. Ils annoncent qu’ils ralentiront le trafic jusqu’à ce qu’ils soient entendus. Pour rappel, l’app est désormais illégale à Bruxelles et sera débranchée ce vendredi 26 novembre.

Une manifestation de chauffeurs liés à l’application Uber perturbe la circulation ce jeudi matin à Bruxelles, à l’instar de mercredi soir, a indiqué vers 9h Mobiris, le service d’information sur le trafic routier de l’agence régionale Bruxelles Mobilité.

Les chauffeurs ont prévu de bloquer les grands axes jusqu’à ce qu’ils soient entendus par le ministre-Président Vervoort (PS) dans le dossier de l’interdiction de l’app dès ce vendredi 26 novembre. Ce qui sera fait dès ce jeudi: une petite délégation de représentants des associations de chauffeurs Uber a été reçue vers 13h00 au cabinet du socialiste. Un groupe de plus d’une centaine de chauffeurs s’était rassemblé sur la petite ceinture, devant le cabinet, dès 13h.

"Nous espérons une véritable concertation. Etre reçu par pure politesse n’a plus de sens. Nous demandons des solutions pour débloquer la situation. Nous sommes ouverts à un véritable dialogue", a déclaré Asmaa Snaibi, porte-parole de l’Union des Chauffeurs Limousines Belges (UCLB), avant d’accéder au cabinet de Rudi Vervoort.

Cela fait sept ans qu’on attend ce plan Taxi, qui est gelé avec le cabinet de Rudi Vervoort. On restera dans la rue jusqu’à ce qu’on soit sûrs de pouvoir retravailler.

"On va bloquer Bruxelles tous les jours en faisant "l’escargot" jusqu’à obtenir une réponse du Cabinet de Rudi Vervoort (ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale)", avertit de son côté Fernando Redondo, le président de l’Association Belge des Chauffeurs de Limousine (ABCL). "Cela fait sept ans qu’on attend ce plan Taxi, qui est gelé avec le cabinet de Rudi Vervoort. À la suite de la décision en première instance, on a eu des amendes de 160 euros. Des chauffeurs Uber avaient manifesté dans Bruxelles et on nous avait promis un plan Taxi pour l’été. On est fin novembre et on n’a toujours rien. On restera dans la rue jusqu’à ce qu’on soit sûrs de pouvoir retravailler", conclut-il.

La plateforme Uber a entre-temps lancé une pétition pour soutenir les chauffeurs Uber de Bruxelles. On estime qu’à partir de vendredi, seuls 5% de la capacité actuelle des véhicules Uber circuleront à Bruxelles et dans ses environs, soit ceux liés à une licence flamande.

Des bouchons dans les tunnels

Ce matin du 25 novembre, les embarras de circulation étaient importants sur les axes entrant en ville, notamment la E40-A3 entre Evere et Reyers, mais aussi sur la petite Ceinture, l’avenue de Tervueren et la rue de la Loi, signale Mobiris.

Des ralentissements étaient également constatés sur la E40 venant de Louvain en direction Bruxelles, sur le ring extérieur entre Anderlecht-Nord et Neerpede, sur l’A3 vers Bruxelles à hauteur du complexe Reyers ainsi que dans plusieurs tunnels de la capitale.

Un arrêt qui interdit Uber

Pour rappel, l’action des chauffeurs Uber fait suite à l’arrêt de la cour d’appel de Bruxelles, rendu mercredi. Ce dernier les contraint à cesser leurs activités dès ce vendredi à 18h00. Environ 2.000 conducteurs bruxellois liés à Uber risquent de perdre leur source de revenus, selon l’entreprise.

Les chauffeurs titulaires d’une licence LVC (Location de Voiture avec Chauffeur), qui utilisent l’application Uber pour le transport rémunéré de personnes, étaient déjà plusieurs centaines à s’être mobilisés mercredi soir. Ils sont dans leurs voitures à l’arrêt ou roulent au pas.

La Cour d’appel a reconnu l’usage de l’application Uber comme illégal. Elle a fondé sa décision sur l’ordonnance régionale de 1995 sur les services de taxis et les sociétés de location de voiture avec chauffeur. Les manifestants réclament en conséquence au gouvernement bruxellois une nouvelle législation.