Naufrage de migrants dans la Manche: un cinquième passeur suspect arrêté
Gérald Darmanin.Crédits: AFP
Belgique et monde

Naufrage de migrants dans la Manche: un cinquième passeur suspect arrêté

Une cinquième personne a été arrêtée dans la nuit de mercredi à jeudi, soupçonnée d’être un passeur en lien avec le naufrage de migrants qui a fait 27 morts dans la Manche, a indiqué jeudi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Quatre passeurs présumés avaient été arrêtés mercredi en fin d’après-midi, également suspectés d’avoir un lien avec la tragédie, avait indiqué le ministre en déplacement à Calais.

Selon Gérald Darmanin, interrogé sur RTL, le cinquième passeur arrêté cette nuit avait "une plaque d’immatriculation allemande". Il avait "acheté des zodiacs en Allemagne", a-t-il ajouté, indiquant n’avoir aucune précision sur les circonstances du drame.

Parmi les victimes figurent 17 hommes, sept femmes et trois jeunes, ainsi que deux survivants, selon la procureure de Lille. Il y aurait un adolescent et trois enfants parmi les victimes, a précisé une source policière.

Les deux survivants, un Irakien et un Somalien, étaient en "grave hypothermie hier" mais "un peu mieux aujourd’hui", a poursuivi jeudi le ministre, précisant qu’ils allaient être rapidement entendus.

La Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille a été saisie de l’enquête, ouverte pour "aide à l’entrée et au séjour irréguliers en bande organisée", "homicide et blessures involontaires" et "association de malfaiteurs".

La police aux frontières, la gendarmerie maritime et l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi des étrangers sans titre (Ocriest) sont saisis, selon la source policière.

"Depuis le 1er janvier, nous avons arrêté 1.500 passeurs", a assuré M. Darmanin jeudi. Des passeurs qui fonctionnent comme des "organisations mafieuses" qui "relèvent du grand banditisme" avec l’utilisation notamment de "téléphones cryptés".

Il y a des "associations de malfaiteurs" en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, a affirmé le ministre, soutenant que les pays devaient travailler "ensemble" sur ce sujet.

Les tentatives de traversées de la Manche à bord de petites embarcations ont doublé ces trois derniers mois, avait récemment mis en garde le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, Philippe Dutrieux.

Au 20 novembre, 31.500 migrants avaient quitté les côtes depuis le début de l’année et 7.800 migrants avaient été sauvés. Une tendance qui n’a pas baissé malgré les températures hivernales.

Selon Londres, 22.000 migrants ont réussi la traversée sur les dix premiers mois de l’année.

"Choqué, révolté et profondément attristé", le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré sur Sky News vouloir "faire plus" avec la France pour décourager les traversées illégales, pointant les désaccords franco-britanniques.

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a réagi de son côté Emmanuel Macron, réclamant "une réunion d’urgence des ministres européens".

Lors d’un entretien dans la soirée, Johnson et Macron "ont convenu de l’urgence d’intensifier les efforts conjoints pour empêcher ces traversées mortelles", selon un porte-parole de Downing Street.