CST  : le vote wallon, malgré les imperfections
«La situation ne contente personne», résume-t-on au sein de la majorité wallonne. «Non, le CST n’est pas un miracle. C’est un outil parmi d’autres pour lutter contre la crise sanitaire.»Crédits: Photo News
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Covid

CST +: le vote wallon, malgré les imperfections

Examen et vote en urgence, hier au Parlement wallon, pour adapter le décret CST tout frais au dernier Codeco. En attendant le suivant.

La situation évolue en permanence sur le front du Covid. Un texte adopté il y a un mois doit déjà être modifié: le décret wallon du 21 octobre 2021 sur l’usage élargi du Covid Safe Ticket et du port du masque est retoqué, avec l’obligation d’intégrer les décisions prises lors du Codeco du 17 novembre.

Au Parlement wallon, la proposition de décret était examinée en urgence hier. Et à la tribune comme dans la population, les divisions et la fatigue s’expriment. "La désinformation aussi", soupire la majorité.

«Football panic»

Au PTB (opposition), Alice Bernard dénonce un texte qui instaure " une forme de pouvoirs spéciaux" pour le gouvernement wallon. Le décret accorde en effet aux ministres la possibilité de prendre des arrêtés permettant d’adapter rapidement le texte à l’évolution sanitaire. Ces arrêtés devront être confirmés dans les 3 mois par le Parlement.

CST +: le vote wallon, malgré les imperfections
Alice Bernard (PTB): «Il faut rencontrer chaque personne individuellement». BELGA PHOTO BRUNO FAHY Photo: BELGA
"On n’a pas non plus demandé l’avis de l’Autorité de protection des données, alors que l’usage du CST est étendu. Il ne faudra pas s’étonner s’il y a des recours ", martèle la députée PTB.

Son parti, déjà opposé au principe du CST " qui divise les gens et implique des frais pour les secteurs qui doivent organiser le contrôle", votera contre le texte. "Le gouvernement doit sensibiliser les gens plutôt que d’étendre le CST. Il faut rencontrer chaque personne individuellement. La population a besoin de cohérence, pas d’une gestion football panic", conclut Alice Bernard.

Quelle gestion de crise?

Au cdH (opposition), les députés considèrent qu’un vote négatif ne serait pas constructif. Ils préfèrent s’abstenir. "Parce qu’il manque une véritable culture de gestion de crise, soutient Mathilde Vandorpe. Il n’y a pas assez de clarté ni de lisibilité dans les mesures. On est en train de perdre l’adhésion de la population. Les gens sont à fleur de peau, certains sont isolés, d’autres privés d’activités… "

La députée s’inquiète pour la santé mentale des plus fragiles, qui resteront marqués au-delà cette crise. " Et on ne peut cautionner que le gouvernement modifiera le décret sans passer par le Parlement", ajoute Mathilde Vandorpe.

«Stop aux mensonges»

Dans la majorité MR, PS et Écolo, personne ne prétendra que le CST vaut toutes les baguettes magiques. "La situation ne contente personne, rappelle Rachel Sobry (MR). Mais chacun tente de faire ce qui est à sa portée pour lutter contre le virus."

Si, demain, nous votions exactement le contraire, nous aurions aussi des critiques. Gouverner, c’est accepter l’imperfection au niveau pratique. Vous, vous êtes dans la perfection théorique

Maxime Hardy (PS) dit son ras-le-bol du discours de l’opposition PTB: "Stop aux mensonges! Ceux qui désinforment et divisent ralentissent la sortie de crise ", dit-il. La majorité n’a pas soumis son texte à l’Autorité de protection des données? "Ce n’était pas nécessaire puisqu’on ne touche ni au caractère des données ni à leur traitement."

Candy chez les communistes

Et chez Écolo, après le discours enflammé de Laurent Heyvaert la veille sur l’inutilité du Codeco, c’est Manu Disabato qui prend la parole pour tancer le PTB. Et qui se souvient du générique d’un dessin animé de son enfance: " “Au Pays de Candy, comme dans tous les pays, on s’amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils…” Ça, c’est le monde dans lequel vous vivez, décoche-t-il en visant les bancs communistes. Les choses ne sont pas en blanc ou en noir. Les clivages, ils existent dans les différentes strates de la population. Si, demain, nous votions exactement le contraire, nous aurions aussi des critiques. Gouverner, c’est accepter l’imperfection au niveau pratique. Vous, vous êtes dans la perfection théorique. Des questions et des hésitations, il y en a dans tous les groupes. Non, le CST n’est pas un miracle. C’est un outil parmi d’autres. Mais l’ennemi, ce n’est pas le gouvernement, c’est le virus."

CST +: le vote wallon, malgré les imperfections
Manu Disabato (Écolo): «Les clivages, ils existent dans les différentes strates de la population. Les choses ne sont pas en noir ou en blanc». BELGA PHOTO BRUNO FAHY Photo: BELGA

En attendant, pour éviter la saturation des hôpitaux et le report des soins, il faut adopter des mesures supplémentaires, dit-il. " Même s’il devait y avoir un nouveau Codeco prochainement (lire en pages 2-3)… Aujourd’hui, il faut donner un signal. La crise est encore très présente."