• L’heure était au recueillement mercredi, au lendemain d’un accident d’autocar qui a tué 45 personnes en Bulgarie
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Accident d’autocar en Bulgarie: deuil au lendemain de "l’horreur"

L’heure était au recueillement mercredi, au lendemain d’un accident d’autocar qui a tué 45 personnes en Bulgarie, pour la plupart originaires de Macédoine du Nord, et dont des survivants racontaient "l’horreur" de la scène.

Drapeaux en berne et minute de silence: "Aujourd’hui est un jour de deuil, où nous honorons humblement la mémoire des victimes", a déclaré le Premier ministre intérimaire bulgare Stefan Yanev au début du conseil des ministres, avant d’observer une minute de silence.

Devant l’ambassade de Macédoine du Nord à Sofia, des fleurs, des bougies et des peluches ont été déposées en souvenir de ces touristes qui revenaient d’Istanbul, parmi lesquels 12 mineurs.

Dans ce pays voisin de la Bulgarie, un deuil de trois jours a été décrété.

A Skopje, des centaines d’élèves et de professeurs d’une école endeuillée ont organisé une marche pour rendre hommage à plusieurs des leurs qui ont péri au cours de l’accident.

Dans un village des alentours de la capitale, qui a perdu 20 de ses habitants, le drame était aussi sur toutes les lèvres.

"C’est très dur. Nous tentons de réconforter les familles des victimes, de les apaiser. La douleur est si grande", a confié le maire de Studenicani, Azem Sadiku, dans un journal local.

Le drame s’est déroulé mardi vers 02H00 du matin sur l’autoroute, à 40 km au sud de Sofia.

Le véhicule faisait partie d’un convoi de quatre cars. Il roulait vers Skopje avec 52 personnes à bord, selon la liste communiquée par les autorités, quand il a heurté la glissière de sécurité, sur une route mouillée.

"Les pneus ont éclaté et le feu s’est déclenché", relate Lulzim Sulejmani, l’un des sept survivants, depuis sa chambre d’hôpital à Sofia. "Il y avait beaucoup de fumée, les gens ont commencé à vomir, hurler, comme dans un film d’horreur", a-t-il dit à la chaîne TV Klan Macedonia.

"Je me suis emparé du marteau du bus et j’ai brisé la vitre, emporté ma fiancée et cinq autres personnes", a commenté le jeune homme de 26 ans, originaire de Serbie.

Son amie Medina Lutfi, 25 ans, était endormie, comme la plupart des passagers, et garde un souvenir flou des faits.

"Je ne sais pas comment je suis sortie. Quand j’ai vu la vitre ouverte derrière ma tête, j’ai sauté. J’ai entendu des enfants pleurer", a-t-elle expliqué.

Un ressortissant belge qui a pu s’échapper "hurlait que son fils était encore à l’intérieur", a raconté un chauffeur de camion arrivé le premier sur les lieux, sur le chaîne bulgare Nova TV. "+ Mon fils! Mon fils! +, criait-il. Il a même essayé de retourner dans les flammes mais je l’ai stoppé".

Les rescapés, soignés pour diverses fractures et brûlures, souffrent "d’un stress immense", a expliqué aux journalistes Maya Argirova, responsable du centre de traitement des brûlés où ils sont hospitalisés.

Le ministre bulgare de l’Intérieur avait évoqué mardi "une scène terrifiante", décrivant des corps "enchevêtrés et réduits en cendres".

L’identification, difficile, laissait dans le désarroi des proches venus à Sofia pour tenter d’avoir confirmation du décès.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a adressé, dans un tweet, ses condoléances aux proches des victimes, tandis que les députés du Parlement européen se sont également recueillis.

Le pape François a exprimé dans un communiqué "sa sincère solidarité avec tous ceux qui ont été affectés par cette tragédie", pensant "en particulier aux enfants qui sont morts".

Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer la cause du drame, défaut technique ou erreur humaine.

En Europe, il faut remonter à 2010 pour trouver trace d’un accident aussi meurtrier: 45 personnes avaient alors péri en Ukraine dans la collision d’un train et d’un autobus sur un passage à niveau.