Belgique

Georges Dallemagne: "La vaccination devrait être obligatoire depuis longtemps"

Ce 24 novembre dans "Il faut qu’on parle", Maxime Binet recevait Georges Dallemagne.

La Vivaldi est-elle à la hauteur pour gérer la crise sanitaire? Maxime Binet entre d’emblée dans le vif du sujet face au député fédéral cdH Georges Dallemagne, pour qui la réponse est non. Il adresse d’ailleurs son carton rouge du jour au gouvernement. "Je pense qu’on a toujours un temps de retard. On a un vaccin qui est sûr et efficace et qui devrait être obligatoire depuis longtemps. On le sait, mais on n’ose pas franchir le pas, on n’ose même pas commencer un débat parlementaire sur le sujet", se désole-t-il.

À la fin du mois de novembre, on devrait avoir recensé 1 500 décès causés par le coronavirus, une situation "insupportable" pour Georges Dallemagne qui souligne l’urgence d’agir. "Pas un Belge ne sera épargné par ce Covid. On doit mettre en place tout ce qui est possible, il en va de la sécurité de la population. Face aux accidents de la route qui font 500 morts par an, on n’hésite pas à mettre en place toutes sortes de contraintes et de règlements, mais pour le Covid on laisse faire. Ici, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit", poursuit-il.

Ce 21 novembre, des milliers de personnes s’étaient réunies à Bruxelles pour manifester contre l’obligation du Covid Safe Ticket. Une manifestation qui a été le théâtre d’émeutes et de mouvements violents. Selon Georges Dallemagne, ces tensions grandissantes au sein de la société sont dues au fait qu’il n’existe aucun leadership au sein du gouvernement sur les questions qui fâchent. Le politicien regrette qu’aucune décision ne soit prise. "Au départ, on avait dit qu’on n’aurait pas besoin du masque, ni du CST et pourtant on en a besoin. Il faut s’intéresser à l’obligation vaccinale. Il faut éviter que les citoyens soient confrontés les uns aux autres et qu’un clivage ne s’installe au sein de la population."

De plus en plus de personnes radicalisées

Cette crise sanitaire favoriserait-elle l’extrême droite? Sur la question, le député est partagé. "Entre les complotistes et l’extrême droite, il y a des liens. Lors de la manifestation, on a vu des regroupements néonazis", reconnait-il. "On sait que l’extrême droite est un mouvement en augmentation dans toute l’Europe, c’est une menace qui grandit. On compte aujourd’hui une soixantaine de personnes potentiellement menaçantes dans la base de données de l’OCAM. Il y a six ans, on était autour d’une dizaine. Il y a une amplification du phénomène."

Au sein de l’armée aussi, ce phénomène s’observe, même s’il n’est pas généralisé, comme l’explique Georges Dallemagne. "On recense aujourd’hui, cinq personnes potentiellement violentes. Il n’ y a pas d’extrême droite systémique ou d’infiltration généralisée de l’État ou de l’armée. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas être très attentif, puisque ces personnes ont accès à un armement et la menace pourrait être plus grande." En général, le profil des ces personnes reste le même. Il s’agit de loups solitaires, qui peuvent clairement être influencés par certaines organisations idéologiques, mais ce n’est pas une menace qui apparaît comme étant structurée sur le plan de la violence. Le fait que ces personnes soient isolées rend leur identification d’autant plus difficile.

Enfin, Georges Dallemagne conclut sa prise de parole en revenant brièvement sur le service de renseignement militaire, qui a été largement critiqué il y a quelques mois avec le cas de Jürgen Conings. "Du chemin a été parcouru car on vient de très loin, mais la Belgique doit être à la hauteur de ses ambitions. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de collaboration avec les services de renseignement des autres pays".