Fosses-la-Ville: jusqu’à 17 ans de prison pour les 3 bourreaux de Dorian
Le jeune homme a été torturé pendant plusieurs heures.Crédits: ÉdA – 401315062741
Fosses-la-Ville

Fosses-la-Ville: jusqu’à 17 ans de prison pour les 3 bourreaux de Dorian

Cinq jeunes ont frappé et torturé le jeune homme pendant plusieurs heures. Ils ont écopé de lourdes peines devant la cour d’appel.

Ce jeudi matin, la cour d’appel de Liège a condamné Corentin Wastiau, 27 ans, Gaël Deproot, 31 ans et Gabriel Ukacar à dix-sept, treize et sept ans de prison ferme pour avoir commis une séquestration et des tortures dans la nuit du 24 au 25 juin 2019 à Fosses-la-Ville sur Dorian.

Cette nuit-là, cinq jeunes ont mené une expédition punitive à l’encontre du jeune homme qui était, selon eux, accusé par sa petite amie de lui avoir imposé des relations sexuelles non-consenties. La victime a subi des violences inouïes. «J’étais sous l’influence de pilules d’ecstasy, a indiqué Gaël Deproot lors de la première audience consacrée à cette affaire devant la cour d’appel. J’étais euphorique et bizarre. C’était l’état recherché quand j’en prenais. C’était pour avoir de l’amusement, mais cette fois-là, c’est parti autrement.» La victime a été frappée pendant des heures avec une violence incroyable. Les auteurs l’ont torturée avec des objets pendant toute la nuit. Elle a reçu des coups de poing, des coups de pied et des gifles. Elle a également été frappée avec une assiette, menacée avec un couteau éplucheur ou encore avec un tournevis sous l’œil. Selon la victime, Corentin Wastiau lui a pincé le téton avec une pince à linge qu’il aurait tournée. «Il y aurait eu des traces si ça avait été si violent», a déclaré le prévenu.

Brûlé avec un briquet

Dorian a été piqué avec une fourchette. Il a été frappé avec un manche de brosse. Le morceau de bois s’est cassé sous la violence des coups. Les bouts de bois pointus ont ensuite été utilisés pour appuyer sur sa peau. Il a été brûlé avec la flamme d’un briquet. Les auteurs l’ont fait mettre à quatre pattes et l’ont obligé à enlever son pantalon. La victime a expliqué qu’on lui avait enfoncé une bouteille dans l’anus. «J’ai pris l’initiative de le faire mettre à quatre pattes et de le faire se déshabiller, a admis Corentin Wastiau. Personne ne l’a tenu. J’ai déposé la bouteille sur son coccyx et je lui ai demandé ce que ça faisait d’être à la merci de quelqu’un de plus fort sans pouvoir se défendre. La bouteille n’a pas été introduite. Les analyses le prouvent. Après, je lui ai mis la bouteille en bouche

Ils ont tenté de lui enfoncer un tournevis dans le thorax et un bout de bois dans la jambe. Ils l’ont forcé à manger des mégots de cigarette dont certains étaient toujours allumés. Dorian a expliqué qu’on l’avait forcé à manger des bouts de bois. «Non, c’était des os de poulet», a rectifié Gaël Deproot devant la cour d’appel. Les auteurs lui ont aspergé les yeux avec du déodorant puis lui ont mis du sel dans les yeux. «Les idées de Gabriel», ont indiqué les autres prévenus.

Une arrestation immédiate

Ce dernier, présenté comme celui qui a donné les idées les plus macabres a eu des déclarations hallucinantes lors de son audition devant la police. «J’ai eu l’impression de vivre le remake de l’affaire Valentin (Un jeune homme assassiné après avoir été torturé avant d’être jeté dans la Meuse à Huy avec les bras et les jambes attachées, NDLR).»

Après toute une nuit de tortures, les bourreaux ont évoqué ce qu’ils allaient faire de la victime. Selon Dorian, ils auraient déclaré qu’ils allaient le jeter par la fenêtre, de le mettre dans un coffre ou de rester avec lui le temps de la guérison pour éviter que les autorités soient prévenues. La cour a rendu un arrêt motivé de 57 pages dans lequel elle a relevé tous les éléments à charge. Les magistrats ont prononcé l’arrestation immédiate de Gabriel Ukacar.