Grève chez Lidl: «Le personnel est déterminé»
La charge de travail du personnel est au cœur de ce conflit social. Crédits: BELGA
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Belgique

Grève chez Lidl: «Le personnel est déterminé»

Le mouvement de grève se poursuivra au moins jusqu’à lundi chez Lidl. Les syndicats dénoncent l’immobilisme de la direction.

«Le personnel est déterminé, le blocage se poursuivra jusqu’à ce que l’on trouve un accord.» La grève au sein des supermarchés Lidl s’est poursuivie ce jeudi. Environ cent des 300 magasins que compte l’enseigne sont concernés, nous précise Vicky Hendrick, secrétaire permanente CGSLB.

Le personnel, épuisé et en sous-effectifs, pointe une charge de travail trop élevée. «Je ne dis pas que la pression n’est pas élévée dans d’autres enseignes de la grande distribution, mais chez Lidl, on est un cran au-dessus», appuie la présidente du Setca Myriam Delmée.

Un conflit social avait déjà agité la chaîne de magasins en 2018. Les magasins et dépôts étaient restés fermés pendant une semaine. «À l’époque, la direction s’était engagée à beaucoup de choses. Aujourd’hui, nous sommes au regret de constater que les lignes n’ont pratiquement pas bougé.»

L’état des lieux est identique du côté de la CGSLB : «Lidl a, par exemple, mis en place un affichage numérique des prix et un système de commandes électroniques. Il est vrai que ça soulage un peu le personnel. Mais ça permet surtout à l’entreprise de se moderniser.»

Le bien-être des travailleurs est loin de figurer parmi les priorités de l’entreprise, estiment les syndicats. Depuis 2018, de nouveaux articles sont d’ailleurs venus élargir l’assortiment des rayons. Ce nombre accru de produits est synonyme de tâches et d’activités supplémentaires pour le personnel. «Un exemple: l’arrivée des produits frais. Si vous mettez en place des fruits et légumes en libre service, vous devez régulièrement tout remettre en place en rayon, avance Myriam Delmée. Ce n’est pas une boîte de conserve que le client se contente de mettre dans son caddie.»

Au-delà du manque d’effec tifs, les syndicats déplorent que les membres de l’équipe volante, censée pallier les absences, soient également trop peu nombreux.

Des renforts

Concrètement, les syndicats demandent notamment que le renfort de main-d’œuvre consenti par la direction, à raison de 42 heures par semaine et par magasin, soit prolongé au-delà de février 2022. Aujourd’hui, il n’y a aucune certitude à cet égard. L’équipe volante, qui vient prêter main forte en cas d’absences, devrait aussi être étoffée.

Quant au renfort structurel de personnel, «nous demandons de définir les fonctions et les tâches à effectuer dans chaque magasin. L’idée est ensuite de mesurer le temps réel que représentent ces tâches. On testerait ensuite la formule en magasin sur une durée d’un mois environ.»

La sourde oreille

Sauf que pour le moment, les négociations sont au point mort. «Nous sommes face à une direction qui fait la sourde oreille, déplore la présidente du Setca. Nous l’avons rencontrée près d’une dizaine de fois depuis le début de l’année, et à chaque fois, ce qu’on nous dit, c’est: “ On prend note ”. Mais à un moment donné, ça devient insupportable de voir une direction qui ne prend aucune mesure pour le bien-être de ses travailleurs.»

Les syndicats et la direction de Lidl se retrouveront autour de la table lundi, l’objectif étant d’aboutir à un accord sur la charge de travail du personnel. Les actions se poursuivront d’ici là. «Nous sommes évidemment désolés que les magasins soient fermés et espérons un dialogue constructif», affirme la porte-parole de Lidl, Isabelle Colbrandt.

Le front commun syndical (Setca, ACV Puls, CNE et CGSLB) appelle à une grève générale samedi. «Toutes les portes doivent rester fermées le 16 octobre. La direction doit comprendre que notre exigence de respect et de personnel n’est pas qu’un slogan.»