Dix ans de réclusion criminelle requis contre Isabelle Lambert, coupable de meurtre
Mons

Dix ans de réclusion criminelle requis contre Isabelle Lambert, coupable de meurtre

L’avocat général de la cour d’assises du Hainaut, François Demoulin, a requis jeudi une peine de dix ans de réclusion criminelle contre Isabelle Lambert, reconnue coupable du meurtre de Franck Frissen, commis le 15 mai 2015 à Lodelinsart.

Le magistrat du parquet a retenu de nombreuses circonstances atténuantes en faveur de l’accusée, dépendante à l’alcool en raison de plusieurs événements personnels. «Elle a mis en place une série de choses pour contrer ce problème mais la vigilance s’impose», a déclaré l’avocat général.

Isabelle Lambert n’avait aucun antécédent judiciaire et ne présente pas un caractère dangereux. Elle a deux enfants et est grand-mère depuis peu. L’avocat général souhaite que ces enfants grandissent dans des conditions meilleures. «Je n’oublie pas non plus que Franck Frissen avait deux enfants».

L’avocat général tient aussi compte du délai écoulé, six ans, et remarque que ces dernières années ont été mises à profit par l’accusée pour se reconstruire et continuer à vivre.

Pour l’avocat général, la peine requise permettra à Isabelle Lambert de ne pas perdre le travail accompli.

«Son acte est disproportionné»

Pour l’accusation, l’intention d’homicide est dans la nature du geste. «Ce soir-là, la table n’était pas dressée pour un repas. Il y avait d’autres couteaux, mais elle a pris une arme, la plus dangereuse et la plus mortelle, alors qu’ils n’allaient pas se servir de ce couteau ce soir-là», poursuit l’avocat général qui a constaté, via les expertises, qu’Isabelle Lambert n’avait aucune lésion de défense. «Les faits ne me permettent pas de dire que Franck Frissen était porteur d’un couteau.» Deux coups ont été portés dans des zones vitales, avec une force suffisante pour occasionner des lésions importantes.

Quant à l’excuse de provocation, posée par la défense, l’avocat général estime qu’elle n’existe pas. «Son acte est disproportionné. On ne peut pas accepter qu’une femme soit battue, ou sous emprise, mais ce n’est pas ce qui est en jeu ici. Je peux entendre sa souffrance mais ce n’est pas une excuse pour une souffrance plus grande.»