Un ex-échevin surpris en train de capturer illégalement des oiseaux à Rachamps
Les oiseaux se prennent dans des filets tendus entre deux piquets. C’est ce qu’on appelle la tenderie.Crédits: REPORTERS
Bastogne

Un ex-échevin surpris en train de capturer illégalement des oiseaux à Rachamps

16 000€ d’amende requis à l’encontre de deux sexagénaires de Soumagne, pris en flagrant délit de tenderie à Rachamps, sur la commune de Bastogne.

Un ancien échevin de Soumagne, entité du Pays de Herve, et son acolyte ont été repérés en train de capturer illégalement des oiseaux sauvages du côté de Rachamps, sur la commune de Bastogne, un mardi de septembre 2019. L’unité anti-braconnage, avertie, est intervenue rapidement sur les lieux, prenant les deux individus en flagrant délit.

Ces derniers ont comparu ce mardi matin, devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau.

L’ancien échevin, Roland Van Den Eynde, n’en est pas à son coup d’essai en matière de tenderie. Ce terme désigne la capture d’oiseaux sauvages, à l’aide de filets tendus ou de cages-trappes. Il a déjà été condamné en 2020 par le tribunal correctionnel de Huy à 800€ d’amende avec sursis.

Soupçonné de tenderie, il a fait l’objet d’une perquisition en 2018. Il s’était alors répandu dans la presse expliquant qu’il ne pratiquait plus cette activité.

Cette fois, l’ancien échevin ne conteste pas les faits. Par contre, il jure qu’on ne l’y reprendra plus. «J’ai eu la peur de ma vie, confie-t-il à la juge Françoise Hertay, se remémorant son interpellation. J’ai été appréhendé comme si j’étais un voleur. C’est vrai, je suis en tort. Quand je vous donne ma parole que je n’irai jamais plus, vous pouvez me croire, je n’irai jamais plus.»

Le sexagénaire assure qu’il ne tirait aucun profit de ces captures. Il donnait les oiseaux à des gens de Soumagne, ne les vendait pas.

Au domicile de son acolyte, on a retrouvé 84 oiseaux indigènes et de fausses bagues d’élevage. «Ce sont des oiseaux que j’achetais pour mon plaisir, je ne les ai pas capturés», affirme le prévenu sans ciller.

On a pourtant retrouvé chez lui du matériel pour capturer les oiseaux. « Je le gardais comme souvenir, poursuit-il. Je suis tout seul, les oiseaux c’est pour la compagnie.»

«Vous ne trouvez pas qu’ils sont mieux dans la nature?», lui demande la juge. «Je vais vous dire quelque chose, avec tous les pesticides qu’il y a, non », répond tout de go le Soumagnard.

Un préjudice pour l’environnement: 16 000€ requis

Les deux prévenus ne sont pas des perdreaux de l’année. «Ce ne sont pas des amateurs, ils sont déjà connus de la justice pour ce genre de faits», relève le procureur de division Dimitri Gourdange. Il ajoute qu’un échevin est censé faire preuve de bonne conduite et d’exemplarité.

Il insiste surtout sur le préjudice que représentent ces captures d’oiseaux pour l’environnement.

Il requiert donc une peine d’amende exemplaire: 16 000€ chacun, en s’opposant à tout sursis.

«16 000€?! Mais on va où?», s’exclame Me Moinet, l’avocat de l’ancien échevin. «16 000€, c’est aberrant, c’est disproportionné. Ce n’est pas le tendeur qui tue les oiseaux», ne peut s’empêcher d’ajouter son client.

Me Moinet plaide pour un sursis total. «Une peine sert à prendre conscience d’un comportement illégal et de s’assurer que ce comportement illégal ne soit pas réédité. Je peux vous dire que mon client a bien compris et qu’il ne commettra plus des faits de tenderie, argumente-t-il. Vu le montant de sa pension, il est impossible qu’il paie une telle amende.»

Même son de cloche chez l’acolyte, qui demande, lui, une diminution de la peine d’amende.

Jugement le 12 octobre.