Télévision

L’affaire Grégory Villemin sur La Une: dans l’ombre du corbeau

La Une diffuse ce samedi soir «Une affaire française», mini-série inspirée par l’affaire Grégory Villemin.

C’est l’une des affaires judiciaires marquantes des années 80. Un dossier rempli de mystère et de rebondissements, hanté par les messages énigmatiques d’un corbeau. Ce dossier, c’est celui de l’assassinat du petit Grégory Villemin, retrouvé noyé dans la Vologne le soir du 16 octobre 1984. Une terrible histoire de vengeance familiale qui a fasciné – et divisé – les médias et la population. Et qui a suscité de nombreux documentaires, récits littéraires et fictions.

Ce soir, La Une diffuse en primeur Une affaire française, qui s’inscrit dans le cadre d’une collection de mini-séries de fiction mise sur pied par TF1 et inspirées de grandes affaires criminelles.

«Ce projet nous a été proposé par Jérémie Guez et Alexandre Smia, auteurs de cette mini-série, indique à nos confrères de TF1 Aimée Buidine, productrice de cette mini-série avec Julien Madon. L’affaire Grégory reste l’une des affaires criminelles les plus médiatisées de l’histoire judiciaire française jusqu’à ce jour, et il nous semblait intéressant d’en donner une vision d’ensemble. À titre personnel, je me suis rendu compte que je connaissais mal cette affaire avant de me plonger dedans. Comme beaucoup, j’en avais une image très partielle d’où ce souhait commun d’en donner une lecture renouvelée aux téléspectateurs.»

Le casting est assez impressionnant: Guillaume de Tonquédec (le colonel Étienne Sesmat), Michaël Youn (Jean-Michel Bezzina), Laurent Stocker (Jean-Michel Lambert), Gérard Jugnot (Maître Garaud), Gilbert Melki (Maître Welzer)… Et Guillaume Gouix et Blandine Bellavoir dans les rôles de Jean-Marie et Christine Villemin, les parents du petit Grégory.

«J’ai un peu hésité à me lancer dans cette interprétation car la responsabilité d’incarner ce personnage est incommensurable, note Blandine Bellavoir. L’écriture factuelle du scénario m’a convaincue. La lecture de ces six épisodes a mis à jour ce qui me fait le plus peur: l’emballement d’une machine que l’on ne peut plus arrêter, la folie du groupe, le déchaînement médiatique, l’intrusion des médias dans une affaire criminelle, les erreurs judiciaires, policières et le poids terrible de la rumeur.»

«J’ai essayé de ne pas l’imiter»

Pour coller au plus près à la réalité, les deux acteurs principaux se sont documentés. Si Blandine Bellavoir a surtout regardé le récent documentaire produit par Netflix (Grégory, que l’on vous recommande), Guillaume Gouix a élargi le spectre. «Je me suis concentré sur ce que j’avais à jouer en visionnant de nombreux documentaires, reportages et images de l’INA. Pour retranscrire le visage de cet homme meurtri, que tout le monde pense connaître, j’ai essayé de ne pas l’imiter mais de comprendre ce qui l’habitait: une perte incommensurable, une colère, une incompréhension et un sentiment d’injustice.»

Si la mini-série s’efforce d’être fidèle au dossier, il y a tout de même une part de fiction. «Le duo de journalistes incarné par Laurence Arné et Stanley Weber est purement fictif, explique Aimée Buidine. C’est un dispositif narratif assez classique qui permet de faire avancer le récit avec un angle particulier, celui du journaliste enquêteur qui permet au téléspectateur d’apprendre des informations grâce à ses renseignements et ses sources d’information auprès des uns et des autres. Cela permet ainsi au spectateur de s’identifier à la quête de ces personnages, et d’adhérer ou non à la façon dont ils la mènent.»

TF1 diffusera cette mini-série à partir de ce lundi.

«Notre intention n’est pas de résoudre cette affaire»

Comme souvent, la famille touchée par le drame n’a pas trop apprécié ce nouveau projet de fiction. En août dernier, l’avocate du couple Villemin, Marie-Christine Chastant-Morand, indiquait dans Paris Match que «faire jouer Jean-Marie et Christine par des acteurs sans nous contacter, ce n’est pas admissible. Il n’est pas impossible que nous réagissions.»

La production a bien prévenu le couple du tournage, mais il n’y a pas eu de contact direct avec le réalisateur Christophe Lamotte (Les secrets, La part du soupçon…) ou les acteurs principaux. «Je n’ai pas cherché à entrer en contact avec Jean-Marie Villemin afin de garder une totale objectivité vis-à-vis de l’histoire», avance Guillaume Gouix à nos confrères de TF1.

Car au bout de ses six épisodes, Une affaire française ne tranche pas. Ce sera à vous de vous faire votre propre opinion. «Notre intention n’a jamais été de jouer les enquêteurs et encore moins de vouloir résoudre cette affaire, avance la productrice Aimée Budine. C’est un parti pris que nous assumons totalement.»