«C’est la première fois qu’une réforme des pensions prend en compte la situation des femmes»
Dès le deuxième point de la proposition rédigée par la ministre des Pensions, une attention particulière est portée sur la «situation des femmes», se basant sur le constat qu’elles gagnent en moyenne une pension 33,4% moins élevée que les hommes, d’après les chiffres présentés dans la note.Crédits: TonyRecena - Fotolia
Belgique

«C’est la première fois qu’une réforme des pensions prend en compte la situation des femmes»

Réforme des pensions: la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB) accueille favorablement le projet de la ministre Lalieux.

Le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB), par l’intermédiaire de sa présidente Sylvie Lausberg, s’est félicité du contenu de la proposition de réforme des pensions présentée vendredi par la ministre Karine Lalieux (PS), jugeant qu’il était «grand temps que les effets des discriminations subies par les femmes au travail et dans l’organisation de la vie privée et professionnelle soient pris en compte au moment de réfléchir au système des pensions».

Dès le deuxième point de la proposition rédigée par la ministre des Pensions, une attention particulière est portée sur la «situation des femmes», se basant sur le constat qu’elles gagnent en moyenne une pension 33,4% moins élevée que les hommes, d’après les chiffres présentés dans la note. Une différence qui s’explique en grande partie par un pourcentage de travail en temps partiel plus conséquent chez les femmes (42,5%, contre 11,8% pour les hommes).

«Les femmes gagnent moins d’argent durant leur carrière parce qu’elles doivent souvent travailler davantage à temps partiel, dans des corps de métiers moins valorisés. La pension qui en découle n’est pas suffisante pour vivre. La proposition (rendre la pension minimale plus accessible grâce à une valorisation de 33% des temps partiels, ndlr) présentée ce matin est donc une avancée majeure. C’est la première fois qu’une réforme des pensions prend en compte la situation des femmes», s’est réjouie Sylvie Lausberg.

«Nous espérons maintenant que cette réforme soit entérinée par le gouvernement et le parlement, sans quoi il faudra se préparer à voir de plus en plus de femmes à la rue, sans moyen de subvenir à leurs besoins», a enfin prévenu la présidente de la CFFB .

La FGTB modérément enthousiaste

Le syndicat socialiste se montre modérément enthousiaste vendredi après la présentation faite dans la presse du projet de réforme des pensions de la ministre Karine Lalieux. «Certains éléments sur la table sont positifs», souligne-t-il, mais les réactions politiques laissent entrevoir de vives discussions au sein de la Vivaldi, de sorte qu’il est difficile pour l’instant d’être «hyper enthousiaste ou négatif».

Parmi les éléments avancés par la ministre, la FGTB se réjouit du retour du bonus pension, de la condition unique de carrière de 42 ans et non plus complètement liée à l’âge ainsi que du nouveau mode de calcul pour la pension minimum.

Un autre bon point, c’est qu’on «sort de la logique ‘répressive’, alors qu’avec le ministre précédent les pensionnées et pensionnés étaient perçus comme une variable d’ajustement», estime la secrétaire fédérale Selena Carbonero.

L’absence de prise en compte de la pénibilité reste cependant un écueil important.

Comme ses homologues chrétien et libéral, le syndicat socialiste, bien que vigilant, espère désormais qu’une «vraie concertation sociale» sera possible pour mener des «débats sereins» sur les pensions, et la qualité de vie des personnes pensionnées.