Fin de carrière pour la Belgian Cat Ann Wauters
La Belge a confirmé sa retraite après l’élimination des Cats en quarts de finaleCrédits: BELGA
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Fin de carrière pour la Belgian Cat Ann Wauters

Ann Wauters a confirmé la fin de sa carrière mardi à l’issue du quart de finale perdu par les Belgian Cats face au Japon (86-85) dans le tournoi olympique de basket féminin à Tokyo.

L’intérieure Flandrienne, 40 ans, avait annoncé que les Jeux Olympiques constitueraient sa «dernière danse». Elle a confirmé après la rencontre que son aventure dans le basket était terminée.

«Cela fait mal. Nous étions ici pour être dans le top 8, on l’a fait, mais on voulait aller plus loin. Cela fait très mal. C’est beaucoup d’émotions. Ici pour moi, ça s’arrête. J’aurais voulu que cela s’arrête d’une autre manière, mais l’aventure a été fantastique, surtout d’avoir encore pu participer aux Jeux Olympiques. J’en suis très reconnaissante», a commenté Ann Wauters après la rencontre.

L’intérieure flandrienne, 1m95, 40 ans, en termine avec 131 sélections pour les Belgian Cats.

 

 

L’intérieure flandrienne, 1m95, 40 ans, en termine avec 131 sélections pour les Belgian Cats.

Une carrière énorme

Elle fut de la partie lors du premier fait d’armes de la Belgique dans un championnat d’Europe, c’était en 2003 à Patras avec Benny Mertens (6e). Elle a tenté une première fois une qualification pour le tournoi pré-olympique en vue des Jeux de Pékin en 2008, mais la 7e place à l’Euro de Chieti avec le Français Laurent Buffard qu’elle a connu à Valenciennes, fut insuffisante.

S’en est suivie une longue période durant laquelle elle a décliné sa participation à l’équipe nationale pour se consacrer à sa carrière en club, en Europe, en WNBA et même en Corée du Sud. Hormis une très brève incursion en 2011 lors de la période d’Arvid Diels, l’arrivée de Philip Mestdagh à la tête des Belgian Cats en 2016 coïncide avec son retour sous le maillot belge «pour aider la Belgique à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020», la dernière pièce du puzzle manquante à son énorme palmarès.

Médaillée de bronze à l’Euro 2017 à Prague, quatrième de la Coupe du monde à Tenerife un an plus tard, Ann Wauters traîne depuis décembre 2017 et une opération au genou, de gros soucis physiques qui la contraignent à sacrifier sa carrière en club pour «tout faire» pour disputer le championnat d’Europe en Serbie en 2019. Elle y parviendra avec à la clé une 5e place et un billet pour le tournoi de qualification olympique. Devant plus de 5.000 personnes à Ostende en février 2020, la Belgique réserve son ticket pour Tokyo à l’issue de trois matches pleins, le premier perdu contre le Canada, les deux autres gagnés face au Japon et la Suède.

Toujours sans club , elle se consacre exclusivement à son ultime objectif, les Jeux, reportés, en plus, d’un an en raison de la crise du coronavirus. A dix jours de l’Euro 2021 et à un peu moins de 50 jours des JO, Ann Wauters apprend qu’elle n’est pas reprise dans les douze pour le championnat d’Europe. La Waeslandienne n’ajoutera pas la médaille de bronze conquise par les Belgian Cats à Valence le 27 juin, mais prendra bien l’avion pour Tokyo.

Ann Wauters, en club, c’est quatre titres en Euroligue (deux avec l’US Valenciennes-Orchies en 2002 et 2004, un avec Samara en 2005 et le 4e avec Valence en 2012), et trois trophées de MVP du Final Four - elle détient le record du nombre de points marqués en Euroligue: 3.771 en 271 matches-.

Ann Wauters, c’est un titre en EuroCoupe FIBA avec Villeneuve d»Ascq dans une finale retour disputée devant 6.500 spectateurs au Spiroudôme le 26 mars 2015 face à Castors Braine. Ce retour en terre nordiste semblait signifier la fin de parcours de la Courtraisienne d’adoption pour refermer une boucle entamée déjà dans le Nord, à Valenciennes 20 ans plus tôt.

A 17 ans, Ann Wauters quitte la Belgique et prévoit de rejoindre les Etats-Unis. En stage à l’USVO avant de traverser l’Atlantique, Marc Silvert tombe sous le charme de la Waeslandienne et la retient en France. Ce trophée européen en 2015 avec Villeneuve d’Ascq donc et l’appel du pied ensuite du club brainois pour disputer l’Euroligue la relance pour une seconde carrière. Un nouveau souffle qui la voit porter encore les maillots de Galatasaray, Agü Spor et Yakin Dogü en Turquie, mais surtout, revêtir le maillot de l’équipe nationale après presque dix ans d’absence.

Ann Wauters, c’est aussi un titre en WNBA avec Los Angeles Sparks en 2016 même si elle n’aura pratiquement pas joué avec la franchise californienne. La Flandrienne, All Star en 2005, revenait aux Etats-Unis pour une 9e saison WNBA, elle qui fut numéro 1 de la draft en 2000 pour Cleveland, à 20 ans à peine. Cleveland, New York, San Antonio, Seattle, Los Angeles, ses étés sont bien chargés. Elle en passera un en Corée du Sud à Samsung Bichumi en 2003. Elle faillit bien partir en Australie à l’aube de la saison 2015-2016 pour marquer le coup et pouvoir dire qu’elle a joué sur les cinq continents, mais Marc Coucke la déroute sur Braine.

Ann Wauters, c’est aussi 11 titres de champion national (en France (4), en Russie (5), en Espagne (1) et en Belgique (1) ) et dix coupes nationales A titre individuel, c’est aussi cinq titres de meilleures joueuses européennes de l’année (referendum du quotidien italien La Gazzetta dello Sport). Son regret est de n’avoir pu décrocher le titre de Sportive de l’Année où elle fut nominée à plusieurs reprises. Le basket, sport collectif, n’aidant pas. La concurrence de Kim Clijsters, Justine Henin ou Nafi Thiam, non plus. La Ligue française l’a honorée il y a trois ans l’incluant dans les meilleures joueuses de son histoire pour ses 20 ans d’existence.