JO 2021| Remco Evenepoel: «Ce sera tout ou rien»
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JO 2021| Remco Evenepoel: «Ce sera tout ou rien»

Le jeune Brabançon estime avoir tout fait pour briller samedi lors de la course olympique. Mais il ne cache pas certaines incertitudes.

Il s’appuie sur la barrière (et le 1,50 mètre à respecter!) qui le sépare des quelques journalistes qui l’attendent à l’ombre d’un parasol gentiment installé par un intendant local prompt à rendre service. Au moment où l’on tend la perche à selfie qui nous permet de recueillir ses impressions, les baffles crachent l’hymne national slovène. C’est que l’espoir vient de simuler une cérémonie des médailles en l’honneur de Tadej Pogacar et Primoz Roglic.

«Espérons que ce n’est pas prémonitoire», lance Remco Evenepoel, fier comme un jeune premier dans son survêtement du Team Belgium. «Il est temps de passer à la compétition parce que je commence à trouver le temps long. Je suis ici depuis longtemps et la routine, c’est hôtel-entraînement-hôtel. À cause de la pandémie, on ne peut rien faire d’autre.» Et comme il a posé sa valise pleine d’enthousiasme à deux pas du circuit international de Fuji il y a déjà dix jours, il souhaiterait entrer dans le vif du sujet. «Vous connaissez mon attachement aux Jeux olympiques. Alors, oui, c’est un peu frustrant de ne pas me trouver à Tokyo avec le reste de la délégation belge et mon ami Isaac Kimeli (NDLR: l’athlète est engagé sur 5000m et 10000m). Je ne pourrai pas partager ces émotions avec lui. J’espère découvrir cette communion olympique en 2024 à Paris.»

Pour l’heure, le jeune Brabançon se focalise sur son grand objectif de l’année. Il l’aborde avec sérénité, même s’il ne peut évacuer quelques incertitudes. «Quand je suis remonté sur un vélo, j’espérais revenir à mon meilleur niveau assez vite. Mais j’ai dû accepter que les choses ne se déroulent pas toujours comme on le veut. Je reviendrai à mon meilleur niveau mais je ne sais pas quand. Ici? Peut-être. Ou aux championnats d’Europe. Et s’il faut attendre l’année prochaine, eh bien, j’attendrai. J’ai fait tout ce que je pouvais pour être compétitif samedi (course en ligne) et mercredi (contre-la-montre). Ce sera tout ou rien.»

«Ce Wout-là ne doit pas avoir peur du parcours»

Dans le plus beau scénario, il se voit champion olympique après une échappée dont il a le secret. Mais il se veut réaliste. «Tadej Pogacar est sorti en grande forme du Tour de France. Il fait donc partie des favoris.» Evenepoel entend par là que le Slovène n’est pas le seul à avoir ce statut. Les Belges l’endossent également. «Surtout Wout van Aert», assène-t-il. «Il volait littéralement le week-end passé. Je pense qu’il détient la forme de sa vie. Il a toujours dit qu’il prenait part au Tour afin de préparer les Jeux et ça lui a très bien réussi jusqu’à présent. Franchement, ce Wout-là ne doit pas avoir peur du parcours.» Un tracé que Remco définit comme «très difficile parce qu’il n’est presque jamais plat. Il fera chaud et cela jouera un rôle sur une telle distance. 234 kilomètres!»

Le profil de cette course olympique est taillé pour Remco. Reste à savoir quelle forme il affichera samedi. «On verra ce jour-là», conclut-il sereinement.