Et aujourd’hui, comment vit l’Afghanistan?
Des enfants remplissent l’eau d’un robinet installé le long d’une route à Kaboul, la capitale du pays. Selon l’UNICEF, 3,7 millions d’enfants afghans sont exclus de l’école primaire. Il ne faut pas s’étonner dès lors si le pays possède l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés au monde.Crédits: AFP
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Et aujourd’hui, comment vit l’Afghanistan?

L’Afghanistan est la zone de conflit la plus dangereuse du monde. Après 20 ans de guerre, les États-Unis se retirent d’Afghanistan. Leur retrait sera achevé le 31 août. Que laissent-ils derrière eux?

Commençons par se rappeler le 11 septembre 2001. Aux États-Unis, des terroristes ont détourné 4 avions remplis de passagers et les ont projetés sur des immeubles importants, notamment deux hautes tours de New York, qui se sont effondrées. Bilan de ces attentats: près de 3 000 décès.

Pour le président américain de cette époque, George Bush, ces attaques sont une déclaration de guerre. Il forme une coalition (alliance) avec ses pays «amis», qui sont d’accord de l’aider à éliminer les terroristes. Et ils attaquent d’abord l’Afghanistan. C’est là que se trouvent les camps d’entraînement du réseau terroriste al-Qaida, qui a organisé les attentats du 11 septembre.

Les hommes qui dirigent l’Afghanistan sont chassés du pouvoir. Il s’agit des talibans, des étudiants en religion qui ont, eux aussi, des idées et des pratiques radicales, extrêmes. Ils s’étaient fait connaître au début des années 1990. Ils promettaient aux Afghans d’améliorer leur sécurité alors que se déroulait une guerre civile (entre habitants) destructrice. Depuis 1996, ils avaient pris le pouvoir par la force et imposaient aux Afghans une vie très dure, violente, sans droits, sans libertés...

Où vont alors les talibans?

Les combattants talibans se sont réfugiés au Pakistan (un pays voisin), c’est de là qu’ils ont commencé à lancer leurs attaques contre les troupes occidentales (américaine, européenne, etc.) en Afghanistan. Leur organisation est puissante, car ils se sont enrichis grâce au trafic de drogue, à l’exploitation minière et aux taxes.

Un nouveau gouvernement afghan soutenu par les États-Unis a pris le pouvoir en 2004. Mais les forces armées talibanes sont restées très actives. L’année 2014 a marqué un tournant. Le 31 décembre 2014, l’OTAN (alliance de défense militaire qui regroupe les États-Unis, le Canada, des pays d’Europe dont la Belgique) a mis fin à son engagement en Afghanistan et passé le relais à l’armée nationale afghane. Autrement dit, elle a laissé à l’armée afghane le soin de combattre les talibans.

Un accord de paix a-t-il été signé avec les talibans?

En février 2020, les États-Unis et les talibans ont signé un «accord de pacification» de l’Afghanistan. Mais les autorités américaines ont négocié directement avec les talibans, sans la présence du gouvernement afghan.

À présent, les troupes étrangères s’en vont et les talibans gagnent sans cesse du terrain. Ces deux derniers mois, ils se seraient emparés de près de 140 districts – sur les 364 districts que compte le pays -, dont certains sont particulièrement stratégiques, tels que les points de passage et les douanes à la frontière du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Iran. Face à eux, l’armée afghane, désormais privée du crucial soutien aérien américain, n’a opposé qu’une faible résistance.

La sécheresse dans le pays

Un rapport de l’Unicef qualifie l’Afghanistan de «pire endroit au monde pour naître». Les enfants afghans doivent affronter quotidiennement la misère et la violence. Sur les 39 millions d’habitants, 42% ont moins de 15 ans. Dans le pays, environ de 70% de la population n’a pas accès à de l’eau potable, ce qui engendre des risques importants pour la santé, surtout pour les plus jeunes.

Le 22 juin dernier, le gouvernement afghan a officiellement déclaré l’état de sécheresse dans le pays. Cela aggrave une situation déjà dramatique, caractérisée par l’insécurité politique et les conflits, ainsi que par la troisième vague de la pandémie de covid (avec une moyenne de 2 000 nouvelles infections par jour).

Les combats sont aux portes des villes. Les forces afghanes ne contrôlent désormais plus, pour l’essentiel, que les grands axes et les capitales provinciales, dont certaines sont encerclées. Cela laisse craindre que le pays sombre dans une nouvelle guerre civile.