Cuba secouée par la contestation
Des manifestations spontanées qui ont éclaté le 11 juillet dans diverses villes du pays.Crédits: AFP
monde

Cuba secouée par la contestation

L’île de Cuba (île des Caraïbes entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud) est secouée par des manifestations inédites. Que se passe-t-il?

Depuis plusieurs jours, différentes villes de Cuba sont secouées par des manifestations contre le gouvernement. Un tel mouvement de protestation ne serait plus arrivé depuis près de 30 ans. De son côté, le gouvernement se dit prêt à défendre «la révolution coûte que coûte».

Mais de quelle révolution s’agit-il ? Pour le comprendre, il faut regarder le passé de Cuba.

La révolution cubaine

Le 1er janvier 1959, des rebelles ont pris le pouvoir à Cuba après avoir lutté pendant trois ans contre le dictateur qui était en place. Fidel Castro, leur chef, a mené cette révolution et débarrassé l’île du dictateur Batista. Il a chassé aussi les Américains qui exploitaient les richesses de l’île.

Il a mis en place un gouvernement communiste (où tout appartient à l’État) et dirigé le pays d’une main de fer. À Cuba, l’unique parti politique autorisé dans l’île est le parti communiste. Et sur l’île, exercer sa liberté d’expression peut valoir la prison. Depuis 2018, Internet mobile est autorisé et cela a bouleversé la vie de nombre de Cubains. Mais tout reste assez contrôlé puisque les autorités affirment, par exemple, que les artistes doivent être en harmonie avec les intérêts de l’État.

Fidel Castro est resté en place durant plus de 50 ans, il est mort en 2016. Son frère a repris son poste en 2008 et depuis avril dernier, c’est Miguel Diaz Canel qui occupe le poste de la présidence et est fidèle aux idées de Castro.

L’embargo américain

De leur côté, dès 1962, les États-Unis ont mis en place ce que l’on appelle un «embargo». Cela signifie qu’ils ont décrété que rien ne peut entrer ni sortir du pays. Cet embargo existe toujours. Il a été durci à plusieurs reprises, n’a pas eu pour effet de mettre un terme au régime communiste cubain. Selon Cuba, cet embargo se chiffre en dizaines de milliards de dollars perdus. Seul le Congrès américain peut y mettre fin.

La crise économique

L’île connaît sa pire crise économique en 30 ans. L’embargo et l’absence de touristes due à la pandémie aggravent la situation. Le 11 juillet, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans le pays. La population proteste contre les pénuries (manques) d’aliments et de médicaments, combinées aux coupures électriques quotidiennes.

«Nous avons faim», «Liberté» et «À bas la dictature» clament les manifestants. L’île connaît une forte hausse des cas de coronavirus, avec chaque jour de nouveaux records de contaminations, pour un total de 238 491 cas dont 1 537 décès, pour 11,2 millions d’habitants.

Cette situation a poussé de nombreux Cubains à utiliser le mot-clé #SOSCuba sur les réseaux sociaux, pour demander qu’une aide humanitaire de l’extérieur soit autorisée par le gouvernement. S’il a reconnu «l’insatisfaction» que peuvent ressentir certains Cubains, Miguel Diaz Canel a également accusé l’ennemi de toujours, les États-Unis, d’être à la manœuvre.