Le collectif Marguerite appelle à limiter les redoublements et les relégations subies
Image d’illustrationCrédits: Photo News
Belgique

Le collectif Marguerite appelle à limiter les redoublements et les relégations subies

A l’approche des conseils de classe de cette fin d’année scolaire, le collectif Marguerite, qui rassemble des associations actives en Fédération Wallonie-Bruxelles, appelle lundi au respect de la circulaire du 14 avril qui stipule notamment de limiter les examens de passages et de rendre le redoublement exceptionnel.

Le CEF (Comité des Élèves Francophones) et la FAPEO (Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel) plaident pour ne pas sanctionner les élèves avec des redoublements, mais aussi avec des orientations subies, en défendant que les apprentissages non vus doivent être lissés sur plusieurs années.

«Ce sont naturellement les familles les plus en phase avec les codes de l’école qui ont pu gérer vaille que vaille la situation», ont observé les deux entités dans un communiqué commun. «Le retour à 100% à l’école pour les élèves du 2e et du 3e degré n’a pas été synonyme d’invention d’une ‘autre école’. Au contraire très vite le système scolaire a repris les mêmes habitudes: orienter, trier, reléguer! Les élèves les plus en difficulté ont-ils eu le temps de se ré-accrocher?»

Les associations rappellent que la circulaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles conseillait, pour la reprise des cours à 100% en présentiel au 10 mai, d’éviter de faire des examens et de donner cours jusqu’à fin juin afin de rattraper une partie du retard, ainsi que de mettre en place un processus de remédiation pour pallier les manques identifiés chez les élèves.

«La circulaire a demandé à toutes les écoles de tenir compte de la crise et des conditions impossibles auxquelles les élèves ont été confrontés, afin de ne pas leur faire perdre injustement une année scolaire», a souligné Jean-Pierre Coenen, président de la Ligue des Droits de l’Enfant. «Si certaines écoles ont joué le jeu dans l’intérêt de leurs élèves, nombre d’autres (...) l’ont jetée à la poubelle. (...) Ces ‘bonnes’ écoles n’ont pas repris les cours pour combler les retards. Au contraire, elles ont fait des interros et des examens pour pouvoir reprendre leur petite sélection sociale comme au bon vieux temps d’avant Covid, car en 2020, elles ont déjà dû relâcher leur petit jeu du redoublement».

Le collectif Marguerite a aussi proposé un support aux parents pour les recours. L’année passée, on nous avait dit que, grâce à la bienveillance et au fait que le redoublement serait exceptionnel, il devrait y avoir peu de recours à traiter, mais on en a eu 66% de plus que les années précédentes (environ 1.600 recours externes en juin 2020 pour le secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles), avec des problèmes plus présents à Bruxelles», a observé Chantal Massaer, directrice d’Infor Jeunes Laeken. «On craint cette année encore un afflux de recours. (...) L’année passée, il y a eu moins de redoublements et moins de relégations, avec des écoles qui se sont plaintes de ne pas avoir assez d’élèves en qualifiant et professionnel, et on craint cette année de voir un rattrapage s’effectuer avec plus d’élèves orientés vers ces écoles pour répondre à l’offre. En 3e, selon les statistiques en Fédération Wallonie-Bruxelles, deux tiers des jeunes sont orientés par défaut dans le qualifiant et le professionnel».