Signes convictionnels: Nadia Geerts devient conseillère au centre d’études du MR
Nadia GeertsCrédits: BELGA
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Signes convictionnels: Nadia Geerts devient conseillère au centre d’études du MR

Elle sera chargée des questions relatives aux droits et libertés fondamentaux, à la neutralité, à la liberté d’expression, et à l’égalité homme-femme au sein du parti.

La Maître-assistante en philosophie à la Haute-école Bruxelles-Brabant (HE2B), Nadia Geerts, initiatrice du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat laïque, et auteure de plusieurs ouvrages, devient conseillère du centre d’études Jean Gol du MR.

Son arrivée a été annoncée vendredi par l’intéressée, le président du MR Georges-Louis Bouchez et l’administrateur-délégué du Centre Jean Gol, Daniel Bacquelaine.

Selon le président des libéraux francophones, Mme Geerts aura également un rôle à jouer dans la préparation des débats sur les évolutions à apporter à la Constitution.

Cette féministe engagée, militante laïque et enseignante de philosophie à la Haute-école de Bruxelle-Brabant, a été la cible, durant plusieurs mois, de menaces et d’insultes après la publication d’un message de soutien à Samuel Paty, cet enseignant français, assassiné à l’arme blanche et décapité, le 16 octobre dernier dans la commune française d’Éragny (Val d’Oise).

La question des libertés individuelles, particulièrement lorsqu’elle est en lien avec celle du religieux, est au centre de ma réflexion et de mon engagement laïque et féministe depuis près de 20 ans

Chroniqueuse, Nadia Geerts est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la neutralité et la laïcité dont «Et toujours ce Fichu voile» paru aux éditions Luc Pire, et a participé au dernier ouvrage de Florence Bergeaud-Blackler «Cacher cet islamisme - voile et laïcité à l’épreuve de la cancel culture».

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L’arrivée de Mme Geerts au centre d’étude de la formation libérale intervient au lendemain de la décision du gouvernement bruxellois empêchant la STIB d’aller en appel d’un jugement du tribunal du travail qui a condamné la société bruxelloise pour discrimination à l’égard d’une femme portant le voile. Comme le MR, Mme Geerts ne partage pas du tout le choix du gouvernement bruxellois.

«La question des libertés individuelles, particulièrement lorsqu’elle est en lien avec celle du religieux, est au centre de ma réflexion et de mon engagement laïque et féministe depuis près de 20 ans. Dans cette perspective, la neutralité de l’État est à mes yeux un garde-fou essentiel, visant à préserver à la fois la liberté individuelle et l’égalité de traitement de chacun... Les dernières semaines ont montré à quel point cette exigence de neutralité était soumise à de multiples coups de boutoirs aujourd’hui. Or, je dois bien constater que les partis ‘de gauche’ font aujourd’hui preuve de frilosité, voire d’un mélange d’électoralisme et d’angélisme qui leur font renoncer à tout ce qui, à mes yeux, constitue le fondement de la gauche, et à quoi je reste profondément attachée: l’attachement à l’émancipation individuelle et au progrès social. Actuellement, la résistance à l’offensive contre la neutralité de l’État vient du MR», a commenté Mme Geerts.

Pour celle-ci, faute de soutien de la part du gouvernement bruxellois pour aller en appel, la STIB devra porter l’accusation d’être discriminante alors qu’elle est une des sociétés bruxelloises les plus en pointe sur la diversité

Celle-ci a précisé qu’elle n’entendait pas devenir l’ambassadrice du MR sur une série de dossiers qui ne sont pas de sa compétence comme le socio-économique.

De son côté, Georges-Louis Bouchez a rappelé que pour le MR, toute personne qui participe à l’exercice de l’administration doit refléter la neutralité dans son attitude, son comportement et son apparence.

«Nous serons intransigeants sur ces principes, et avec l’arrivée de Nadia Geerts, notre parti continue de se positionner à la pointe sur ces questions fondamentales du vivre-ensemble et du droit des femmes», a-t-il commenté.