Obésité: découverte d’une nouvelle bactérie qui pourrait changer la vie
Maintenant que cette nouvelle bactérie été identifiée, les chercheurs vont désormais continuer à l’étudier pour en déceler tous les mystères.Crédits: angellodeco - stock.adobe.com (ILLUSTRATION)-
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SCIENCES

Obésité: découverte d’une nouvelle bactérie qui pourrait changer la vie

Le Professeur Patrice Cani et son équipe ont découvert une nouvelle bactérie qui pourrait aider à lutter contre l’obésité. Explications.

Obésité: découverte d’une nouvelle bactérie qui pourrait changer la vie
Patrice Cani Photo: -
L’équipe du Professeur Cani (UCLouvain) a découvert une nouvelle espèce de bactérie, la Dysosmobacter welbionis. Une découverte importante! «C’est un peu comme si on avait découvert un nouvel insecte, pas un nouveau type de moustique ou de scarabée», explique le Professeur.

100 000 milliards

C’est le nombre de bactéries qui se trouvent dans nos intestins. Elles dialoguent entre elles et avec notre corps. Et en fonction de cet équilibre bactérien, il y a des conséquences positives ou négatives sur notre santé.

Qu’est-ce qu’elle a de différent des autres?

Les chercheurs se sont rendu compte qu’énormément de personnes possèdent cette bactérie, environ 70% de la population. Mais l’équipe a aussi remarqué que la quantité de Dysosmobacter dans l’intestin est différente selon qu’on est en bonne santé ou diabétique. En fait, les individus qui ont cette bactérie dans leur microbiote (ensemble des micro-organismes) intestinal brûlent mieux le sucre et la graisse.

Chez les personnes souffrant à la fois d’obésité (excès de graisse) et de diabète de type 2 (maladie où le corps ne sait plus réagir convenablement à la présence de sucre), Dysosmobacter est moins présente.

Cause ou conséquence? Pour chercher à le comprendre, l’équipe de chercheurs a donné un régime riche en graisse et en sucre à des souris.

«Quand on leur a administré cette bactérie, on a remarqué que les animaux grossissaient moins et avaient un meilleur métabolisme du sucre et des graisses (ils brûlaient mieux les sucres et les graisses), explique Patrice Cani. De plus, cette bactérie produit des molécules qui ont des propriétés anti-inflammatoires (qui luttent contre les inflammations des organes).»

Elle pourrait donc aider à lutter contre l’obésité.

Une bactérie qui sent mauvais

Dysosmobacter tient son nom de son odeur «littéralement, bactérie qui sent mauvais.» «Parce que quand nous avons réussi à la cultiver, nous avons remarqué qu’elle avait une odeur. Ça ne sent pas le caca, pour parler crûment, ça a une odeur bizarre.»

Comment isoler une bactérie?

Pour isoler une bactérie, on prend des matières fécales humaines (du caca), on les dilue avec des milieux de culture particuliers (des supports qui permettent aux bactéries de se développer). «On dilue près de 100 milliards de fois, dans des petites fioles, à la main. Jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une sorte de bactérie dans les fioles.» Cette opération pour isoler Dysosmobacter a duré deux ans!

Maintenant qu’elle a été identifiée, les chercheurs vont désormais continuer à l’étudier pour en déceler tous les mystères.

Les explications en vidéo