Un Amaytois coupable de blanchiment
L’argent blanchi était issu d’un vol de lingots d’or en Autriche... Crédits: BELGA - Photo prétexte
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AMAY

Un Amaytois coupable de blanchiment

Un Amaytois est impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent. Argent issu d’un vol de lingots d’or en Autriche.

C’est une affaire rocambolesque à laquelle la Cour de cassation a mis un point final, mercredi après-midi. Elle prend ses racines à Vienne, en Autriche, le 14 juin 2010 dans une agence bancaire. Un certain Michaël B. avait reçu une clé de coffre de son frère, Anthony B., et s’était emparé du contenu en lingots d’or du coffre ouvert au nom d’une société chypriote. Il devenait du même coup millionnaire puisque ces lingots ont été fondus en Belgique et la vente avait rapporté plus d’un million d’euros. Michaël B. était titulaire de 33% des parts de la firme chypriote et rien ne l’autorisait à s’emparer du magot.

Aussi, il a été condamné pour vol avec son frère par la cour d’appel de Liège, le 17 février 2015. Mais le duo n’a pas été condamné à rembourser l’argent volé qui a été déposé dans des coffres bancaires, en région liégeoise. Et c’est là qu’interviennent un Amaytois né en décembre 1971, Pierre L., et un Bruxellois né en octobre 1951, Raymond H. Ceux-ci sont associés dans une société luxembourgeoise qui blanchit des fonds remis en cash, sans se préoccuper de leur origine. Or, Michaël B. ne peut pas montrer son argent liquide qui provient de l’or volé. Il entre en contact avec Pierre L., via une connaissance commune qui n’est pas très recommandable, Luc M.

Des faux en écriture rédigés à Verlaine

Tant Michaël B. que Luc M. mènent grand train et vivent avec des prostituées. Toujours est-il que, le 21 juin 2010, Michaël B. prend 250 000€, en coupures de 500€, et rejoint Pierre L. qui l’attendait devant l’agence bancaire, à Liège. Ils partent immédiatement pour Luxembourg-Ville et y retrouvent Raymond H. qui se dira embêté de ne pouvoir faire apparaître ce pactole dans la comptabilité et pas davantage, dans le moindre document.

En échange de cet investissement de 250 000€ dans la société de blanchiment, Michaël B. pouvait utiliser de multiples véhicules mis à sa disposition, dont une Ferrari. Le prix du leasing de ces voitures était répercuté sur les 250 000€ prêtés. Michaël B. venait lui-même d’acheter une BMW X5. La Ferrari sera prétendument volée – la cour d’appel de Liège a émis des doutes – mais Michaël B. se consolera bien vite en achetant coup sur coup une Mini-Cooper et une VW Golf.

Pierre L. était encore poursuivi, seul, pour des faux en écriture rédigés à Verlaine, au domicile d’un autre personnage trouble. Olivier L. qui sera présenté fallacieusement comme un actionnaire de la société de blanchiment. D’autres fausses informations seront également actées à propos de cette firme luxembourgeoise et notamment dans un document actant la cession fallacieuse de 50% des actions à Olivier L. Tout est faux de A à Z.

La cour d’appel a réformé le jugement de première instance en déclarant Pierre L. et Raymond H. coupables de toutes les préventions contenues dans le réquisitoire. Cependant, compte tenu de l’ancienneté des faits, les magistrats ont prononcé une simple déclaration de culpabilité sans peine. Ils se voient néanmoins confisquer 50 000 euros chacun.

Mécontents, ils ont saisi la Cour de cassation mais sans succès. L’arrêt liégeois est validé sur toute la ligne.