MONS/TOURNAI

L’essor de la marionnette passe par Mons et Tournai: «La porte qui nous permet d’aller vers l’imaginaire»

La marionnette a envahi toutes les formes d’arts de la scène. C’est pourquoi un master dédié a vu le jour à Mons et Tournai. Six étudiantes seront bientôt diplômées.

Si la marionnette a son musée à Tournai, elle n’en reste pas moins un art plus vivant que jamais. «La marionnette est en plein essor depuis les années 1980, confirme Bernard Clair, marionnettiste professionnel et professeur au conservatoire de Mons (Arts2). Cette discipline est sortie du carcan du théâtre de marionnettes pour se retrouver dans différentes disciplines: arts numériques, le théâtre… Les metteurs en scène y font de plus en plus appel.»

Cet essor et cette diversification professionnalisent les arts de la marionnette. Problème: en Belgique, il n’existait pas de formation en la matière. «Il y avait des ateliers de formation sur des thèmes spécifiques, mais pas de cursus complet. Si quelqu’un voulait se former professionnellement, il devait tenter le concours de l’École Nationale Supérieure des arts de la Marionnette de Charleville-Mézières, et s’embarquer pour une formation de 3 ans.»

Mais depuis septembre, cette carence dans l’enseignement artistique est comblée, avec la création d’un master en arts de la marionnette, mis sur pied par l’école supérieure des arts de Mons (Arts2), en collaboration avec l’Académie des Beaux-arts et la Maison de la Marionnette de Tournai. Six étudiantes s’y sont inscrites pour cette première année.

L’essor de la marionnette passe par Mons et Tournai: «La porte qui nous permet d’aller vers l’imaginaire»
Collection de la Maison de la Marionnette à Tournai. Photo: © Jacques Duchateau

Manipulation et fabrication

En une année de cours, les étudiantes apprennent les différentes techniques et pratiques de la marionnette. Elles apprennent à les manipuler, à jouer, à les mettre en scène, mais aussi à les fabriquer. Ce qu’elles font à la maison de la Marionnette durant cette semaine de l’Ascension, à l’occasion d’un atelier en compagnie de Natacha Belova, scénographe qui s’est spécialisée dans les arts de la marionnette.

«Lors d’une première étape, on a exploré les techniques de mousse et de terre sculptée, de résine thermomodulable… On a travaillé sur le tissu, sur les têtes articulées ou non articulées, on a essayé des techniques de collage et d’impression photo…»

Durant la seconde étape que constitue cet atelier, Les étudiantes choisissent dans ces techniques celles qu’elles jugent les plus adéquates pour fabriquer leur marionnette qui servira à mettre en scène une histoire. Présentée en juin, elle fera office de travail de fin d’études du master.

La porte d’entrée vers l’imaginaire

Mais comment réussir sa marionnette? Pour Natacha Belova, le critère principal n’est pas l’esthétique.

«Pour moi, la marionnette est la porte qui nous permet d’aller vers l’imaginaire. Elle ne doit pas être trop définie, sinon le spectateur va se figer sur une seule expression. Une marionnette trop belle avec une expression forte ne peut jouer qu’une seule chose. Il faut qu’elle soit capable d’interpréter des émotions et des états d’âme très différents. Une marionnette, on peut la créer avec une chaussette et deux boutons, tant qu’on peut projeter son imaginaire là-dessus.»

Si elles réussissent leur cursus, les six étudiantes seront les premières diplômées d’un master en arts de la marionnette en Belgique. Un diplôme spécifique, mais qui pourra leur ouvrir bien des portes dans le monde de la scène, ou les encourager à aller plus loin. «Une de nos étudiantes va tenter Charleville-Mézières», se réjouit Bernard Clair.

Le master marionnettiste connaîtra une deuxième édition; Les inscriptions sont déjà ouvertes et se clôtureront le 20 août prochain. De quoi assurer que la Belgique reste une terre de marionnette, de rêve et de surréalisme.

L’essor de la marionnette passe par Mons et Tournai: «La porte qui nous permet d’aller vers l’imaginaire»
Conception de marionnettes dans le cadre du master en arts de la marionnette. Photo: © Jacques Duchateau