Ils abusent de la faiblesse d’un homme handicapé
L’homme, présentant un léger handicap mental, devait effectuer plusieurs tâches ménagères pour le coupleCrédits: Photo News
TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Ils abusent de la faiblesse d’un homme handicapé

Le tribunal correctionnel de Verviers s’est penché ce mardi sur un dossier d’abus de confiance et de faiblesse.

Les faits reprochés à trois prévenus – un couple et une connaissance du couple – ont été commis au détriment d’un homme légèrement handicapé. Le trio a été démasqué à la suite de la disparition, considérée comme inquiétante, de la victime. Une fois retrouvée, la victime a expliqué ce qu’elle avait vécu et pourquoi elle avait pris la fuite. «La victime est un homme originaire de Charleroi qui a quitté sa région et son travail après avoir échangé quelques messages avec la prévenue (la femme du couple) sur les réseaux sociaux», a détaillé le ministère public. «L’homme, qui présentait un léger handicap mental, a été utilisé par le couple. Il devait faire le ménage, les courses, la cuisine, aller promener le chien… La prévenue exigeait de lui qu’il lui fasse régulièrement des cadeaux ou encore qu’il prenne en charge les frais vétérinaires du chien qui ne lui appartenait pas », a poursuivi le ministère public. Une troisième personne, une connaissance du couple, est également prévenue dans ce dossier. L’homme est accusé d’avoir menacé la victime et de lui avoir porté des coups. Dans ces déclarations, le seul prévenu présent lors de l’audience, a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. L’homme a expliqué avoir été lui-même victime de la prévenue. Pour le ministère public, il ne fait aucun doute que le couple a abusé de l’état de faiblesse de la victime. Le magistrat a réclamé des peines de 15 mois de prison à l’encontre du couple. Pour celui qu’il considère comme «la petite main du couple» et «principal attentateur à l’intégrité physique de la victime», il réclame une peine de 12 mois d’emprisonnement. Du côté de la défense du couple, on conteste l’abus de faiblesse, estimant que la victime était en possession de ses capacités de discernement. «Le jeune homme a expliqué lui-même qu’il avait refusé de payer les frais de vétérinaire. Il était en mesure de dire non», a expliqué l’avocat qui estime qu’aucune atteinte grave à son patrimoine n’est démontrée. Elle demande, pour ses clients inconnus de la justice, une suspension du prononcé. La défense du troisième protagoniste, déjà condamné à plusieurs reprises, plaide en faveur d’une peine de probation autonome.

Le jugement est attendu pour le 8 juin.