CORONAVIRUS

«Ceci n’est pas une troisième vague, mais nous traversons une zone orageuse»

Le Centre de crise a fait le point sur l’évolution de la pandémie de coronavirus en Belgique à l’occasion de l’une de ses deux conférences de presse hebdomadaires.

«Vous l’avez tous vu: il fait beau dehors, le climat est agréable actuellement. Cependant, au point de vue de l’épidémie, nous sommes toujours dans une période orageuse et nous ne savons pas encore quand le ciel va s’éclaircir», a lancé en début de conférence de presse le porte-parole interfédéral, Yves Van Laethem.

«Les contaminations augmentent toujours, mais, heureusement, à un rythme qui semble ralentir», poursuit-il. «En même temps, nous avons des signaux préoccupants de la part des hôpitaux, dans lesquels le nombre d’admissions continue à augmenter dans les lits classiques et de soins intensifs.»

Les nouvelles sont toutefois plus positives en termes de décès. «Le taux de décès montre l’impact de la vaccination dans les maisons de repos et de soins», a affirmé Yves Van Laethem. Entre le 20 et le 26 février, 22,7 personnes sont décédées en moyenne par jour. Soit une diminution de 36%.

«Ceci n’est pas une troisième vague mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt», a estimé Yves Van Laethem. «Je me permets de l’appeler vaguelette. Mais Il faut s’attacher à renforcer, chacun d’entre nous, les mesures prises pour rompre les chaînes de transmission et reprendre la situation en main de manière à ce que, la période hivernale se terminant, les vaccins étant en phase d’augmentation, nous n’ayons plus le spectre de 3e vague devant nous.»

Le point sur les chiffres

Entre le 20 et le 26 février, 2.394,4 nouvelles contaminations ont été dépistées en moyenne par jour, en hausse de 12% par rapport à la semaine précédente. «Ceci est moins important que l’augmentation des jours précédents où elle était de l’ordre de 25%», précise Yves Van Laethem. «La hausse se manifeste dans toutes les tranches d’âge sauf chez les personnes de plus de 80 ans et de plus de 90 ans.»

«Ceci n’est pas une troisième vague, mais nous traversons une zone orageuse»
Le point province par province. Photo: Capture d’écran

Entre le 23 février et le 1er mars, il y a eu en moyenne 148,6 admissions à l’hôpital par jour, soit une augmentation de 20% par rapport à la période de référence précédente. «Cela se remarque dans l’entièreté du pays», a annoncé le porte-parole interfédéral. « Les hospitalisations représentent environ 6% du nombre de contaminations.»

Yves Van Laethem a également balayé d’un revers de la main que cette hausse des admissions puisse être uniquement expliquée par les foyers détectés au sein des hôpitaux: «plusieurs facteurs jouent», a-t-il souligné.

Au total, 1.936 personnes sont hospitalisées en raison du Covid-19, dont 410 patients traités en soins intensifs. À titre de comparaison, nous étions à environ 300 patients en soins intensifs début février. «La pression a donc augmenté sur les hôpitaux alors qu’il reste encore un certain nombre de soins non-Covid à rattraper», a souligné Yves Van Laethem.

Entre le 20 et le 26 février toujours, 40.400 tests en moyenne ont été effectués chaque jour (+7%). Le taux de positivité, soit la proportion de tests positifs par rapport à l’ensemble des dépistages effectués, atteint lui 6,7%.

Sur la même période, 22,7 personnes sont décédées en moyenne par jour du virus (-36%), portant le bilan à 22.106 morts depuis le début de la pandémie en Belgique.

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De plus en plus de mobilité

Après les chiffres traditionnels liés à l’épidémie, le Centre de crise a dressé un bilan de la mobilité en Belgique. Constat: les Belges se déplacent de plus en plus. «Pour leurs loisirs, mais surtout pour leur travail», a pointé Yves Van Laethem. «Cela entraîne donc une augmentation du nombre de contacts et par définition une augmentation du risque de chaînes de transmission.»

«Les gens restent donc moins chez eux. Pour aller au parc ou dans les bois, ce n’est pas tellement problématique», poursuit le porte-parole interfédéral. «Mais pour le travail, on a vu une augmentation des déplacements de l’ordre de 14% après les vacances de carnaval. On ne peut qu’encourager de reprendre au maximum le télétravail.»

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La situation s’améliore dans les maisons de repos

Le Centre de crise a aussi épinglé un point positif: la situation s’améliore toujours dans les maisons de repos et de soins. Les décès et les hospitalisations y baissent drastiquement, grâce à la campagne de vaccination qui se termine.

À la fin de l’année 2020, 19,2% des patients hospitalisés provenaient de maison de repos, un taux qui a chuté à 5% actuellement. Les diminutions concordent avec l’administration des premières et surtout des deuxièmes doses du vaccin. Les décès y ont également diminué, de l’ordre de 68%. Cela a un impact sur le total des décès, qui ont baissé de 36% en une semaine, avec en moyenne 23 personnes qui succombent au Covid-19 par jour.

L’impact de la vaccination se fait aussi ressentir, avec une baisse drastique du nombre de morts chez les plus âgés. Ainsi, le nombre de décès chez les plus de 85 ans a diminué de 51% en une semaine et celui des personnes âgées entre 75 et 84 ans de 32%. Chez les plus jeunes, aucune modification n’est constatée.

Plus de 500 000 personnes vaccinées en Belgique

En fin de conférence de presse, Sabine Stordeur a fait le point sur l’état d’avancement de la campagne de vaccination. En Belgique, un demi-million de premières doses d’un vaccin ont été administrées. En une semaine, plus de 120.000 personnes ont reçu une injection.

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Selon les données de Sciensano, 509.948 personnes ont reçu une première dose de vaccin, soit 5,54% de la population adulte. En outre, 314.319 secondes injections ont été administrées, ce qui signifie que 3,41% des 18 ans et plus sont vaccinés.

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Logistique pas compatible avec la vaccination en cabinets médicaux

Dans un second temps, Sabine Stordeur a écarté la possibilité de permettre aux médecins généralistes d’effectuer les injections, lors de la vaccination de masse. «La logistique actuelle n’est pas compatible avec la vaccination en cabinets médicaux au vu de la conservation» des produits, dont certains doivent être conservés à des températures négatives extrêmes.

En outre, lorsqu’un flacon est ouvert, il est obligatoire de vacciner au moins 10 personnes en six heures, au risque de perdre le produit.

Enfin, la task force estime que distribuer de petites quantités à un grand nombre de médecins ne permettra pas d’accélérer la vaccination de la population. «Les médecins ont toutefois un rôle crucial à jouer, pour atteindre des personnes qui ne peuvent pas se rendre dans les centres de vaccination» notamment et pour motiver leur patientèle à se faire vacciner.

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