WALLONIE PICARDE

VIDÉO | Ceci n’est pas un musée: le court-métrage choc pour soutenir la culture

Drôle et émouvant à la fois, le court-métrage réalisé par Amandine Hinnekens et Joachim Weissmann n’est plus vraiment une fiction. il met en exergue la dure réalité à laquelle est confronté le monde de la culture depuis le début de la crise sanitaire. Une réalité qui a pour nom, l’indifférence.

Le film répond à une commande des organisateurs du Ramdam festival de Tournai qui voulaient marquer le coup lors de l’opération «Still standing for culture» du 20 février dernier.

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Éric Derwael, le commissaire-général du Ramdam tient le rôle principal dans le film. Photo: ÉdA

Le tournage a été bouclé en une après-midi, ce jour-là, au sein du complexe Imagix, entièrement vide pour les raisons que tous connaissent.

Suivez le guide à la découverte d’un ciné oublié

Portant comme une relique le polo des ouvreurs à l’époque où les cinémas accueillaient encore des spectateurs – c’est-à-dire il y a moins d’un an – un guide fait découvrir à des visiteurs ce qu’était un ciné en activité. En passant inévitablement par le candy store où les paquets de pop-corn font office d’œuvres précieuses.

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Il a fallu ressortir les pop-corn périmés pour les besoins du tournage. Photo: ÉdA

Parmi les visiteurs, des enfants apprendront avec stupeur que des spectateurs allaient jusqu’à plonger leurs doigts dans le même paquet de pop-corn que leur voisin, et que certains osaient même échanger des «fluides buccaux» durant le générique d’un film…

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La stupéfaction des visiteurs quand ils apprennent que certains osaient s’embrasser durant le générique du film… Photo: Com.

Bien sûr, comme le répète à plusieurs reprises le guide lors de la visite, «tout cela, c’était à une autre époque…»

Un guide campé par un habitué du grand (mais aussi du petit) écran: Éric Derwael – Éric Waldere de son nom d’artiste – commissaire général du Ramdam Festival. Ce n’est pas la première fois que celui-ci se retrouve devant l’objectif d’une caméra, que ce soit pour le tournage d’un clip publicitaire ou d’un docu-fiction.

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Ceci n’est pas un musée et pourtant, c’est bien la réalité depuis trop longtemps déjà… Photo: Com.

Humour et émotion se mêlent dans ce court-métrage qui entend attirer l’attention de nos autorités – pour autant que ce soit encore possible – sur la nécessité d’offrir des perspectives aux différents acteurs de la culture et aux artistes en général. Car leur métier est avant tout une passion. Qui, pour grandir, a besoin d’un public.

Un film sur la conscience animale en projet

Tournaisien pure souche, Joachim Weissmann s’est installé dans la capitale pour des raisons professionnelles. «Mais mon cœur reste tournaisien et je reviens chaque fois que je peux», nous a-t-il confiés. S’il consacre une partie de son activité professionnelle à la réalisation de clips publicitaires, il n’hésite pas non plus à se lancer dans la production de courts-métrages et de fictions.

L’un de ses films - – Une brume, un matin réalisé avec Nicolas Buysse - – a même reçu les faveurs du jury du Ramdam en 2015 dans la catégorie «courts».

Avec une autre Tournaisienne, Amandine Hinnekens, il est en train de peaufiner un court-métrage (pas si court puisqu’il durera une trentaine de minutes) qui sera prochainement tourné dans la cité des Cinq clochers et qui aura pour titre «Pan pan». Un thriller qui mettra en exergue la réalité de la conscience animale. Dans lequel le rôle principal ne sera pas tenu par un lapin, comme certains pourraient le croire, mais par une biche.

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Le nouveau court-métrage en préparation pourrait être programmé lors du prochain Ramdam. ... Photo: EdA

«Nous avons recours à la 3D pour animer cette dernière, explique le réalisateur, si bien que cela prend pas mal de temps. Le film devrait être terminé pour le mois de novembre.»

Avec l’espoir que les salles seront alors rouvertes depuis plusieurs mois déjà et pourront retrouver leur public. «Il le faut absolument, insiste Joachim, car plus on attend, plus on sera confronté à un véritable embouteillage de films à projeter quand les salles rouvriront…»

C’est que les réalisateurs et le monde du cinéma ne s’arrêtent pas sous prétexte de confinement. Ils continuent à imaginer et à créer pour nous faire rêver.

Tout comme les artistes qui continuent, dans l’ombre, à monter des spectacles que nous avons tous hâte de retrouver sur le grand écran, en salle ou dans la rue Avec un vrai public.