BELGIQUE

De Croo: «Dans un moment d’incertitude, est-ce qu’on doit se fier à des opinions?»

Le Premier ministre Alexander De Croo a défendu mardi matin sur La Première son initiative de la conférence de presse de lundi, encadrée de scientifiques, malgré les critiques émanant entre autres de partenaires de coalition.

«Ce qui me surprend, c’est qu’on montre uniquement les courbes virologiques», indique Georges-Louis Bouchez sur LN24 le même jour. «Je pense que les citoyens sont assez adultes pour comprendre», se défend le Premier au micro de La Première.

Invité sur le plateau de la chaîne LN24, le président des libéraux francophones fait partie de ceux qui se montrent critiques. «La décision politique ne se résume pas à des courbes statistiques», rappelle-t-il. Des données comme «l’augmentation des suicides (20% à Bruxelles selon de récents chiffres du parquet, indique-t-il)», les «séquelles à long terme pour nos jeunes», les faillites, les problèmes de santé mentale, ... , n’ont pas été présentées, observe Georges-Louis Bouchez.

«S’il s’agissait juste de suivre des courbes, nous n’aurions plus besoin de politiques. Et si l’on considère qu’on doit attendre mai (pour décider d’assouplissements des mesures), cela ne sert à rien de faire des comités des concertation.»

«Je pense qu’il aurait été plus pertinent de présenter ces courbes parmi tous les autres critères de décision, au moment de la décision», conclut le Montois mardi matin.

 

Il faut prendre les gens au sérieux, pas uniquement les confronter aux décisions prises mais aussi leur expliquer sur quoi on se base

 

Paul Magnette calme le jeu

Côté socialiste, le président Paul Magnette a appelé via Twitter lundi soir à «arrêter les surenchères qui dressent les secteurs (et les générations) les uns contre les autres». «Et si on cessait de tirer les conclusions avant le débat? «, ajoutait-il, renvoyant au Comité de concertation prévu vendredi.

Le Premier ministre, le libéral flamand Alexander De Croo, a quant à lui défendu, mardi matin sur La Première, son «exercice de transparence». «Il faut prendre les gens au sérieux, pas uniquement les confronter aux décisions prises mais aussi leur expliquer sur quoi on se base», explique-t-il. «Dans un moment d’incertitude, est-ce qu’on doit se fier à des opinions?».

S’il est ressorti de sa conférence de presse qu’il «faut rester prudent en mars», cela ne veut pas dire qu’aucun assouplissement ne peut être décidé ce vendredi, a-t-il tenu à préciser. En revanche c’est bien «en avril et mai» qu’on «pourra faire des pas significatifs en avant au niveau du déconfinement».