«Quand j’ai appris la mort de Marc Dellea, je me suis dit que c’était Sylvia»
D’après une connaissance de Sylvia, celle-ci aurait affirmé «en être au point de tuer» Marc Dellea. La désormais épouse de Christian Van Eyken aurait révélé à cette pédicure «des violences sexuelles» commises par son ancien mari, la victime.Crédits: Photo News
JUDICIAIRE

«Quand j’ai appris la mort de Marc Dellea, je me suis dit que c’était Sylvia»

«Elle m’a demandé si je ne connaissais pas quelqu’un. Elle semblait sérieuse». Une connaissance de Sylvia B., sa pédicure, affirme à la cour d’appel que cette dernière s’est dite «au point de tuer» Marc Dellea. Le procès du couple qu’elle forme avec Christian Van Eyken se poursuit à Bruxelles.

«Sylvia B. m’a dit que Marc l’avait encore violentée et avait commis des violences sexuelles sur elle. Elle m’a dit qu’elle en était au point de vouloir le tuer et m’a demandé si je ne connaissais pas quelqu’un. Elle semblait sérieuse», a réaffirmé une connaissance de Sylvia B., lundi, devant la cour d’appel de Bruxelles. L’ancien député au Parlement flamand, Christian Van Eyken, et Sylvia B. sont prévenus pour l’assassinat du compagnon de cette dernière, Marc Dellea, en 2014.

«Quand j’ai appris la mort de Marc Dellea, je me suis dit que c’était elle, parce qu’on avait eu cette conversation une fois et qu’elle était allée très loin dans ce qu’elle a dit», a déclaré le témoin, situant cette conversation à environ un an et demi à deux ans avant les faits.

«Et vous restez sa pédicure?»

La défense s’est entreprise à montrer que ce témoignage n’est pas crédible. «Vous parlez de cette conversation et vous décrivez madame B. comme machiavélique, mais vous restez pourtant sa pédicure?», a questionné Me Laurent Kennes.

Le témoin a expliqué qu’elle avait décidé de parler de cette conversation à la police parce que, compte tenu de ce qui était arrivé à Marc Dellea, cela la «travaillait». Elle a précisé qu’elle avait discuté de sa déposition à la police avec Sylvia B. par la suite. «Elle m’a demandé pourquoi j’avais fait ça. Elle a dit qu’elle ne se souvenait pas de la conversation. Elle n’était pas menaçante mais elle m’a demandé de retourner à la police dire autre chose», a déclaré celle qui prodiguait des soins à domicile à Sylvia B.

«Elle lui criait dessus au téléphone»

La cour a également entendu lundi la fille aînée de Marc Dellea, qui a raconté les souvenirs très négatifs qu’elle conserve de la vie avec son ex-belle mère, Sylvia B.

La cour a encore entendu une amie de Marc Dellea, qui a affirmé que ce dernier était sous l’emprise de sa compagne. «Marc était quelqu’un d’extrêmement gentil. Il savait que sa femme avait une relation avec un autre homme, mais il me répétait: “c’est compliqué”. J’entendais parfois qu’elle lui criait dessus au téléphone. Elle avait une haine envers Marc. Je pense que c’est elle qui l’a tué. C’est mon avis personnel. Mais j’admets que je ne la connais pas», a raconté cet autre témoin.

Le procès se poursuivra mardi avec l’audition d’autres témoins.

Le rappel des faits

Marc Dellea, un négociant en café âgé de 45 ans, avait été retrouvé mort chez lui, avenue Mutsaard à Laeken, après avoir reçu une balle dans la tête. L’enquête s’était tournée vers la compagne de la victime, Sylvia B., et Christian Van Eyken, alors député au Parlement flamand. Sylvia B. était son attachée parlementaire et sa maîtresse.

Christian Van Eyken et Sylvia B. étaient les dernières personnes à avoir vu Marc Dellea vivant. Ils s’étaient rendus dans l’appartement de celui-ci, avenue Mutsaard à Laeken, où Sylvia B. était toujours domiciliée, le 6 juillet 2014. Ils y avaient passé toute la soirée jusqu’au retour de Marc Dellea vers 23h00.

Selon les images de caméra de vidéosurveillance, les prévenus étaient ressortis de l’appartement plusieurs heures après, le 7 juillet 2014 vers 02h00 du matin. Ces images montrent que personne n’était ensuite entré dans l’appartement ou sorti de celui-ci jusqu’à la découverte du corps sans vie de Marc Dellea le lendemain.

Les amants devenus époux en 2018 ont toujours nié toute implication dans la mort de Marc Dellea mais le tribunal correctionnel de Bruxelles les avait reconnus coupables d’assassinat et condamnés à 23 ans de prison. Ils ont ensuite fait appel de cette décision qu’ils contestent.