Et si un tueur était entré chez Marc Dellea via la moustiquaire? «Elle s’enlève de l’extérieur»
Christian Van Eyken et son épouse Sylvia sont les derniers à avoir été vus entrer et sortir de chez Marc Dellea. Mais la défense estime que la moustiquaire de l’appartement peut s’enlever de l’extérieur. Crédits: BELGA
JUDICIAIRE

Et si un tueur était entré chez Marc Dellea via la moustiquaire? «Elle s’enlève de l’extérieur»

Le procès en appel du couple Van Eyken se poursuit à Bruxelles. Ce 6 janvier, la défense du binôme, accusé de l’assassinat de Marc Dellea et déjà condamné à 23 ans en correctionnelle, a expliqué via architecte qu’un éventuel tueur aurait pu passer par la moustiquaire.

«Il y avait moyen d’enlever la moustiquaire de l’extérieur», a déclaré mercredi, devant la cour d’appel de Bruxelles, un architecte entendu comme conseiller technique au procès de l’ancien député Christian Van Eyken et de Sylvia B., prévenus pour l’assassinat de Marc Dellea. Cet expert n’avait pas été entendu en première instance. Il a été cité par la défense pour éclaircir une inconnue: une personne aurait-elle pu s’introduire dans l’appartement de la victime via la fenêtre du salon entrouverte, malgré la moustiquaire?

La question se pose dès lors que le tribunal a affirmé, dans son jugement rendu en septembre 2019, qu’il était impossible qu’une personne soit entrée chez Marc Dellea par la fenêtre du salon, en s’introduisant par l’interstice laissé par la moustiquaire.

De l’extérieur aussi

Cet élément de motivation du verdict a fait tiquer la défense, Mes Uyttendaele, Kennes et Preumont, pour qui cette déduction du tribunal ne reposait sur aucune expertise réalisée.

Devant la cour d’appel, la défense a donc fait appeler à la barre un expert architecte pour éclaircir la question. Ladite pièce à conviction entre les mains, celui-ci en a expliqué le fonctionnement, montrant qu’elle pouvait s’enlever de l’intérieur comme de l’extérieur.

Personne n’est entré

Christian Van Eyken et Sylvia B. sont, selon l’enquête, les dernières personnes à avoir vu Marc Dellea vivant. Ils s’étaient rendus dans l’appartement de celui-ci, avenue Mutsaard à Laeken, où Sylvia B. était toujours domiciliée, le 6 juillet 2014. Ils y avaient passé toute la soirée jusqu’au retour de Marc Dellea vers 23h00.

Selon les images de caméra de vidéo-surveillance, les prévenus étaient ressortis de l’appartement plusieurs heures après, le 7 juillet 2014 vers 02h00 du matin. Ces images montrent que personne n’était ensuite entré dans l’appartement ou sorti de celui-ci par la porte d’entrée, jusqu’à la découverte du corps sans vie de Marc Dellea le lendemain.

Pas de putréfaction

La cour a également entendu mercredi les médecins légistes. Comme en première instance, les experts légistes mandatés par l’instruction ont estimé que l’heure du décès de la victime remontait à 24 à 48 heures avant la découverte du corps. Or, pour l’expert mandaté par la défense, le décès ne pouvait remonter à plus de 24 heures. «Ce qui me perturbe surtout c’est qu’il n’y avait pas de signe de putréfaction, malgré les températures chaudes de la saison», a-t-il ajouté.

Un expert en automobile a également été entendu pour tenter d’apporter des éléments concernant les activités de Marc Dellea dans le milieu de la vente de pièces détachées de voitures et de la réparation de voitures d’occasion. Un expert psychiatre, qui s’est entretenu avec Sylvia B., a aussi été entendu, tout comme l’expert en balistique. «La victime a été tuée à bout portant, par une balle de calibre 7,65», a-t-il dit. Aucune arme et aucune douille n’a cependant été découverte. «Pour effectuer un tel tir, il ne faut pas être un expert, juste connaître l’arme», a-t-il encore déclaré.

Le rappel des faits

Marc Dellea, un négociant en café âgé de 45 ans, avait été retrouvé mort chez lui, avenue Mutsaard à Laeken, après avoir reçu une balle dans la tête. L’enquête s’était tournée vers la compagne de la victime, Sylvia B., et Christian Van Eyken, alors député au Parlement flamand. Sylvia B. était son attachée parlementaire et sa maîtresse.

Christian Van Eyken et Sylvia B. étaient les dernières personnes à avoir vu Marc Dellea vivant. Ils s’étaient rendus dans l’appartement de celui-ci, avenue Mutsaard à Laeken, où Sylvia B. était toujours domiciliée, le 6 juillet 2014. Ils y avaient passé toute la soirée jusqu’au retour de Marc Dellea vers 23h00.

Selon les images de caméra de vidéosurveillance, les prévenus étaient ressortis de l’appartement plusieurs heures après, le 7 juillet 2014 vers 02h00 du matin. Ces images montrent que personne n’était ensuite entré dans l’appartement ou sorti de celui-ci jusqu’à la découverte du corps sans vie de Marc Dellea le lendemain.

Les amants devenus époux en 2018 ont toujours nié toute implication dans la mort de Marc Dellea mais le tribunal correctionnel de Bruxelles les avait reconnus coupables d’assassinat et condamnés à 23 ans de prison. Ils ont ensuite fait appel de cette décision qu’ils contestent.