INFOGRAPHIES | Contagiosité: le coronavirus se propage de moins en moins vite en Belgique
Le respect des mesures sanitaires porte ses fruits.Crédits: AFP (Illustration)
SANTÉ

INFOGRAPHIES | Contagiosité: le coronavirus se propage de moins en moins vite en Belgique

Deux semaines après être redescendu sous le seuil symbolique de 1 pour la première fois depuis septembre, le taux de reproduction national, qui représente le niveau de contagiosité du coronavirus à travers le pays, continue de baisser.

Comme c’est le cas depuis le début du mois de novembre, le taux de reproduction (ou le «Rt») du SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19, ne cesse de diminuer en Belgique.

Après être repassé sous la barre symbolique de 1 – le seuil à partir duquel les scientifiques estiment que sa propagation ralentit – il y a deux semaines, le «Rt» national (qui se calcule sur base du nombre d’hospitalisations enregistrées quotidiennement) s’approche désormais de son taux le plus bas depuis l’été.

Les chiffres le prouvent: après avoir fait du yo-yo pendant deux mois, et après avoir atteint un pic à la mi-novembre, le taux de reproduction belge est ainsi passé de 1,487 à 0,757 en l’espace de quatre semaines. Concrètement, cela signifie qu’un patient infecté par le SARS-CoV-2 contaminera désormais, en moyenne, moins d’une personne contre plus d’un Belge il y a encore un mois.

Autrement dit, la propagation du virus ralentit toujours plus à l’échelle nationale.

 

 

 

 

Le «Rt», c’est quoi?

Considéré comme un indicateur concret de la propagation du coronavirus à travers la société, le taux de reproduction représente globalement la contagiosité du SARS-CoV-2.

D’abord calculé à partir de trois facteurs (la durée de la contagiosité après infection, la probabilité d’une infection après un contact entre une personne infectée et une personne susceptible de l’être, et la fréquence des contacts humains), ce taux de reproduction, anciennement «R0», s’est transformé au fil des mois en «Rt», un indice plus régulier qui évolue aussi plus souvent en fonction des mesures sanitaires adoptées.

«Si ce taux de reproduction reste inférieur à 1, cela veut dire que chaque personne infectée va contaminer moins d’une personne, et que l’épidémie va progressivement disparaître, précisait Frédérique Jacobs, la porte-parole du centre de crise Covid-19 durant l’été. Mais si le R est supérieur à 1, chaque personne infectera plus d’une personne et l’épidémie se poursuivra […] Le but des autorités est naturellement de faire baisser au maximum ce «Rt» et de le maintenir en dessous de 1 afin de contrôler l’épidémie, et ensuite la stopper.»

Précision importante, le taux de reproduction «est calculé en fonction de paramètres qui tentent de reproduire le comportement humain», souligne Sciensano. «Ce taux (qui est obtenu sur base de modèles mathématiques complexes, NDLR) doit être apprécié aux côtés d’autres indicateurs», comme le nombre quotidien d’hospitalisations et de décès. Concrètement, ce n’est pas parce que le «Rt» diminue que le virus n’est plus contagieux ou qu’il ne circule plus.

 

Pour peu que les Belges poursuivent leurs efforts, il n’est donc pas inimaginable de voir le taux de reproduction national retomber sous la barre des 0,7, soit le seuil le plus bas observé cet été.

En comparaison, le «Rt» le plus important jamais observé en Belgique était de 3 au début de la pandémie. À l’inverse, ce même taux était redescendu à son niveau le plus bas (0,53) en mai dernier, juste avant le premier déconfinement, en juin.

 

De légères hausses locales mais…

Parce que le taux de reproduction des différentes régions du pays est calculé sur base du nombre de nouveaux cas diagnostiqués par des tests en laboratoire – et non des hospitalisations -, et que le dépistage massif a exclu les asymptomatiques pendant les quatre dernières semaines, les tendances locales sont bien moins réjouissantes.

Ainsi, en se référant aux derniers chiffres publiés par Sciensano, force est de constater que le niveau de contagiosité du SARS-CoV-2 remonte quelque peu parmi la population qui a été testée. Et ce, dans toutes les régions du Royaume.

 

 

 

En Wallonie, c’est désormais dans le Brabant wallon (0,759) que le virus est le plus contagieux, juste devant le Luxembourg (0,734) et la province de Liège (0,693).

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Dans la Région de Bruxelles-Capitale, la tendance est similaire. Après une grosse chute observée entre le 02 et le 15 novembre, le taux de reproduction est reparti à la hausse pour flirter à nouveau avec la barre des 0,8.

Pas de panique, malgré tout! Comme le signale l’Institut de santé publique dans ses rapports quotidiens, le «Rt» basé sur les nouveaux cas diagnostiqués a beau être plus sensible aux changements soudains, sa variabilité «plus élevée entraîne également plus de difficultés concernant l’interprétation de cette estimation». C’est donc le calcul du taux de reproduction national qui reste le «plus fiable» sur le long terme.