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VIDÉOS | «La surface viticole va encore doubler à l’horizon de 3 ans»

Si la Wallonie n’avait par le passé pas la réputation d’être une région de vignobles, ce n’est désormais plus le cas et les vignes wallonnes n’ont visiblement pas fini de grandir et d’étonner.

En collaboration avec l’Apaq-W

« Quand j’ai planté mes vignes en 1990, beaucoup en ont rigolé et m’ont pris pour un fou. Je devais me battre et ruser pour faire goûter ma production.» Quand il se plonge dans ses souvenirs, Pierre Rion, propriétaire du Domaine de Mellemont à Perwez, évalue rapidement le chemin parcouru depuis 30 ans par les vignerons wallons.

VIDÉOS | «La surface viticole va encore doubler à l’horizon de 3 ans»
Pierre Rion Photo: ÉdA Mathieu Golinvaux
Depuis lors, celui qui fut l’un des précurseurs à l’époque, a été rejoint par de nombreux collègues et les vins wallons se font année après année un nom à l’international (voire par ailleurs). «Les mentalités ont évolué depuis lors. Aujourd’hui, il n’y a plus un citoyen en Wallonie qui ne sait pas que l’on produit du vin de chez nous et qu’il est, en plus, de bonne qualité, se réjouit celui qui est également président de l’Association des Vignerons de Wallonie. On remarque par contre que, trop souvent, dans les cartes de vins, la production wallonne se retrouve bien loin, après les vins de Bordeaux et de Bourgogne, mais aussi ceux qu’on appelle les vins du nouveau monde. Or, quand le vin wallon est mis en avant, c’est un succès à chaque fois. »

 

On remarque par contre que, trop souvent, dans les cartes de vins, la production wallonne se retrouve bien loin, après les vins de Bordeaux et de Bourgogne, mais aussi ceux qu’on appelle les vins du nouveau monde. Or, quand le vin wallon est mis en avant, c’est un succès à chaque fois.

 

En trente ans, le nombre de vignobles wallons n’a cessé de croître. Désormais, les vignes recouvrent près de 200 hectares à travers Wallonie, pour 750 000 litres de vin produits. «Et on est très loin de la saturation», prévient le président. Depuis dix ans, la superficie réservée aux vignes a presque quadruplé et le phénomène ne semble pas s’essouffler, au contraire. « Toutes les semaines, nous entendons parler de nouveaux vignobles qui vont être plantés, ajoute Pierre Rion. Il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, il y a 15 à 20 familles qui en vivent. Sans exagérer, on peut estimer que la surface viticole va encore doubler à l’horizon de trois ans. »

À quelques encablures des prestigieux vignoble des Agaises et domaine du Chant d’Eole, sur les hauteurs de Nouvelles, le domaine Mont des Anges fait partie des petits derniers. Financier de formation, Vincent De Busscher a décidé de réorienter sa carrière en plantant la première parcelle de son vignoble en 2018. «Je faisais les vendanges en Champagne depuis une dizaine d’années, se souvient le vigneron. Des collègues géologues m’ont dit que les meilleures craies de la région étaient par ici. Avec un ami, on a frappé aux portes. Celle de la famille d’Oultremont – de Rosée s’est ouverte et ils ont compris que, sur ce coteau merveilleux, on pouvait planter de la vigne.»

 

En débarquant ici, j’ai été surprise de l’ampleur des projets. Il y a chez vous de très grands et beaux projets qui se sont montés en un temps record. Et malgré des vignobles encore très jeunes, j’ai découvert des vins de qualité.

 

Pour se lancer dans l’aventure, le néophyte s’est associé à Laurianne Lejour, une vigneronne champenoise, qui apporte ses connaissances au quotidien. «En débarquant ici, j’ai été surprise de l’ampleur des projets, raconte-t-elle. Il y a chez vous de très grands et beaux projets qui se sont montés en un temps record. Et malgré des vignobles encore très jeunes, j’ai découvert des vins de qualité.»

Le savoir-faire de la vigneronne champenoise est primordial. Devenir vigneron ne s’improvise pas et prend du temps. «Les gens ont l’image des vendanges en tête, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg», confirme Pierre Rion. «Tout au long de l’année, nous sommes trois à quatre jours sur le vignoble, ajoute Vincent De Busscher. Il y a tellement d’autres choses à faire, mais je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.»

Le vin wallon truste les médailles

Faire du vin est une chose, faire du bon vin en est une autre. Et sur ce point, même s’ils sont encore jeunes sur la scène internationale, les vins wallons font déjà plus que tirer leur épingle du jeu. «Malgré que la vigne belge soit encore très jeune, malgré des cépages très divers, nous avons fait de très bons vins et nous les avons faits très rapidement, confirme Vincent De Busscher, du domaine Mont des Anges. La preuve, ce sont toutes les médailles que récoltent nos confrères et qui permettent de remettre la Wallonie sur une carte des vignobles qui n’existait pas dans le passé.»

Le vin wallon n’a jamais eu à rougir, mais les voisins nous faisaient rougir.

Le vignoble des Agaises, le domaine du Chant d’Eole, le domaine de Bioul,… les vignobles wallons ont en effet trusté les médailles lors du Concours Mondial du vin, organisé au mois de septembre. Sept domaines belges y ont en effet remporté dix médailles. «Le vin wallon n’a jamais eu à rougir, mais les voisins nous faisaient rougir, confie malgré tout Pierre Rion, Président de l’Association des Vignerons de Wallonie. La moisson de médailles n’en finit pas de grandir. Nos vins sont en effet de plus en plus réputés.»

Un mois pour trinquer bien de chez nous

Alors que les fêtes de fin d’année approchent à grands pas, l’Agence wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (Apaq-W) met en avant les producteurs wallons de vins, bières, cidres et liqueurs pendant un mois, du 15 novembre au 15 décembre. Sans quitter votre salon, grâce aux ambassadeurs Sandrine Dans et Éric Boschman, partez à la découverte d’une centaine de producteurs wallons. L’occasion de découvrir la richesse, la diversité, la qualité, mais aussi l’originalité des produits locaux. Jusqu’au 15 décembre rendez-vous sur: www.trinquonslocal.be