Commission spéciale Covid Bruxelles: Alain Maron défend sa politique, l’opposition émet ses doutes
Alain MaronCrédits: BELGA
BRUXELLES

Commission spéciale Covid Bruxelles: Alain Maron défend sa politique, l’opposition émet ses doutes

Le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Écolo), longuement auditionné jeudi par la commission spéciale Covid-19 du parlement bruxellois a défendu la ligne politique qu’il a suivie durant la première vague de la pandémie.

Il a notamment témoigné, au-delà d’un retour chronologique sur les événements jusqu’à l’été, de la complexité institutionnelle dans la gestion des compétences, du manque de plans de gestion d’épidémies, et du déficit de matériel de protection et de tests durant cette phase.

L’opposition MR, N-VA, cdH et PTB a semblé être restée sur sa faim. Elle juge qu’il y aurait eu moyen de mieux faire sur plusieurs points à Bruxelles et surtout d’agir plus vite.

Pour Alain Maron, Bruxelles n’a pas été plus lente que les autres entités. Dans certaines situation, ce fut plutôt l’inverse. C’est ainsi, selon lui, la Commission Communautaire Commune (CCC) de Bruxelles qui a fait appel à Médecins Sans Frontières pour son expertise dans la gestion des épidémies, pour intervenir dans les maisons de repos dont la situation s’est fortement détériorée. C’est aussi à Bruxelles que pour la première fois, le port du masque a été rendu obligatoire.

Selon lui, les autres entités et le fédéral ont été confrontés aux mêmes difficultés pour obtenir du matériel de protection et de soins, en particulier dans les maisons de repos, où la situation est à présent différente sur ce plan.

Afin d’anticiper un rebond de l’épidémie dans les maisons de repos, une circulaire ministérielle du 31 juillet dernier enjoint désormais celles-ci de disposer en permanence d’un stock stratégique de matériel pour un mois.

Ce qui n’empêche pas Iriscare d’effectuer encore des livraisons afin de s’assurer que rien ne manque, notamment en effectuant des livraisons ciblées de gants ou de masques FPP2 auprès des maisons de repos n’ayant pas réussi à en trouver sur le marché.

Iriscare a également constitué son propre stock stratégique de matériel. Au 25 septembre, il disposait ainsi de 3,2 millions de masques chirurgicaux; de 320.000 FFP2; de 40.000 visières; de 6,4 millions de gants; de 335.000 blouses ou encore de 250.000 charlottes.

M. Maron a par ailleurs rappelé que contrairement à la situation observée au printemps, les maisons de repos disposent à présent, outre d’un stock stratégique de matériel, d’un plan d’action clair, et qu’elles peuvent faire appel aux équipes de la CCC en cas de besoin.

Actuellement, un dépistage complet y est organisé dès qu’un cas confirmé et un cas suspect sont détectés. Et chaque maison de repos peut procéder au dépistage préventif de son personnel, une fois par mois.

Le ministre a par ailleurs informé les commissaires du lancement d’une étude comparative pour identifier les bonnes pratiques et développer les procédures les mieux adaptées, tout en mettant à jour les lacunes qui ont pu contribuer à la mortalité élevée qui a été observée.

Dans l’opposition, le MR a fait valoir notamment via sa cheffe de groupe Alexia Bertrand que Bruxelles avait manqué d’initiatives au moment où la Flandre avait déjà mis en place une plateforme pour que les acteurs de terrain puissent commander, en un clic à peine, le matériel de protection nécessaire. David Leisterh a réitéré la demande des libéraux francophones de suspendre les travaux très chronophages de la commission, alors que Bruxelles affronte, comme le reste du pays, une seconde vague.

À ce jour, toutes les maisons de repos ne sont pas armées pour affronter la nouvelle vague de la pandémie, a-t-il jugé par ailleurs. Vincent De Wolf a quant à lui insisté sur la nécessité d’agir dans l’identification des clusters au niveau local.

Pour la N-VA, Gilles Verstraeten n’a pas été en reste dans la comparaison Bruxelles-Flandre. Il a estimé que le ministre Maron lui-même avait contribué à une communication déroutante.

Parmi d’autres intervenants de la majorité, Marie Nagy (DéFI) a souhaité que l’on investigue davantage l’attitude adoptée par les hôpitaux à l’égard des patients provenant des maisons de repos, de nombreux témoignages évoquant des cas de refus de prise en charge. Alain Maron a affirmé qu’il n’avait été saisi d’aucun cas concret de refus, mais d’informations fragmentaires à ce propos. Il a toutefois jugé que tout refus serait «inacceptable».