Le 11e  Tournai Ramdam festival à l’affiche
Comme le veut la tradition, l’affiche du festival a été dévoilée surgrand écran lors de la soirée de présentation du festival.Crédits: EdA
TOURNAI

Le 11e Tournai Ramdam festival à l’affiche

Un artiste belgo-congolais de renommée internationale signe l’affiche du 11e Ramdam. Une œuvre réalisée avec un très vieil outil: l’herminette…

La projection (sur grand écran) de la nouvelle affiche du Ramdam est un moment fort attendu lors de la soirée de présentation de la manifestation organisée traditionnellement plusieurs mois avant le lancement officiel du festival. La dernière en date s’est déroulée à Imagix ce jeudi soir. Cela, devant un public volontairement clairsemé – Covid oblige – au sein de différentes salles ouvertes, pour la circonstance, avec des horaires décalés. Ils étaient tout de même 600 (répartis en trois salles) à assister à cette soirée.

C’est par le truchement d’une vidéo que fut présentée l’affiche de l’édition 2021 qui se tiendra du 16 au 26 janvier. Le visage que l’on a pu découvrir est une sculpture réalisée par un artiste de renommée internationale. C’est la photo du résultat de sa création qui apparaît sur l’affiche. Le film de présentation a permis à tout un chacun de se rendre compte de la complexité du travail réalisé par son auteur: Aimé Mpané.

Il baigne dans le domaine artistique depuis sa naissance

«Tout petit, je baignais déjà dans le domaine artistique grâce à mon grand-père et mon papa qui étaient sculpteurs…», raconte Aimé Mpané dont les premières œuvres réalisées alors qu’il n’avait que huit ans forgeaient déjà l’admiration.

Le 11e  Tournai Ramdam festival à l’affiche
Aimé Mpané est un artiste aujourd’hui internationalement reconnu. Photo: Com.

Né en 1968 à Kinshasa, Aimé a suivi les cours de peinture au sein de l’académie des Beaux-Arts de la capitale de la RDC où il est également enseignant même si, par la force du virus, cette dernière activité est actuellement mise entre parenthèses. Arrivé en 1994 en Belgique, il a suivi les cours de peinture et de 3D à la Cambre, à Bruxelles. Il forme également de futurs artistes à l’académie de Braine L’Alleud. Aujourd’hui, ses œuvres sont reconnues sur le plan international, notamment aux States où elles sont exposées dans plusieurs galeries, de San Francisco à New York. «J’aime le mariage entre la peinture et la sculpture et réaliser des installations dans l’espace…», précise-t-il.

Quand il évoque la première discipline, l’artiste précise que son matériau principal est le bois de récupération et plus spécifiquement le multiplex. «Les couches de ce bois, c’est un peu comme celle de la peau – l’épiderme, le derme et l’hypoderme – c’est comme si on sculptait quelque chose de vivant…»

Ses tableaux de la série de portrait « Ici on crève. Here you die »ont marqué les esprits du comité dedirection du festival.

Une performance en direct sous l’objectif des caméras du Ramdam…

C’est précisément le multiplex qui a servi de base à la réalisation de l’affiche dévoilée ce jeudi soir.

«Il s’agissait d’effectuer une performance en faisant apparaître un visage sous l’objectif des caméras du Ramdam. La création, filmée de «A à Z», a été réalisée en une demi-journée dans mon atelier bruxellois…»

Le teaser de cette performance:

Le visage, c’est à coup d’herminette qu’il l’a façonné. Ce vieil outil, ressemblant à une hache au tranchant perpendiculaire au manche, est encore utilisé par certains charpentiers mais aussi en Afrique.

Le 11e  Tournai Ramdam festival à l’affiche
L’affiche dans son entièreté telle que vous la verrez désormais placardée un peu partout en ville… Photo: ÉdA

«Je trouvais aussi intéressant de travailler avec un panneau de 32 x 31 cm, ce qui correspond à la superficie du visage…» Un visage écorché qui se veut le «symbole de celui de ceux et celles qui sont rongés(e)s par les abus de pouvoir», conclut Aimé.

La tache grise qui couvre une partie de ce visage évoque d’ailleurs la forme d’une région du Kivu. À vous de deviner laquelle…

Pendant la durée du festival, Aimé Mpané exposera à la Galerie «Art Rasson Galery» jusqu’au samedi 20 février 2021

Malgré la crise, 25 000 spectateurs attendus

L’an dernier, le festival a accueilli le nombre record de 34 000 spectateurs. Difficile, dans le contexte de crise actuelle, de savoir combien la 11e édition pourra recevoir de visiteurs. Tout dépendra de la manière dont évoluera la pandémie. Tant le président du festival, Jean-Pierre Winberg, que le commissaire-général, Éric Derwael, restent optimistes et tablent sur l’accueil de 25 000 personnes. En respectant les règles sanitaires imposées, bien entendu.

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