Tournai ajoute l’action en cessation à sa politique des logements inoccupés
«Il y aura d’abord un dialogue avec les propriétaires»Crédits: ÉdA
TOURNAI

Tournai ajoute l’action en cessation à sa politique des logements inoccupés

En supplément de sa taxe annuelle sur les immeubles inoccupés, la Ville de Tournai vient d’ajouter la fonction «action en cessation» à sa politique de lutte contre les logements inoccupés. «Il y aura d’abord un dialogue avec les propriétaires», indique vendredi l’échevine du Logement.

La déclaration de politique communale de l’actuelle législature tournaisienne prévoit, en matière de droit à l’habitat, d’accentuer la lutte contre les marchands de sommeil, l’inoccupation et la sous-occupation des logements publics et privés.

La réalisation de cet objectif passe notamment par l’application d’une taxe sur les immeubles inoccupés, d’un montant de 180 euros au mètre courant la première année, 210 euros la seconde année et de 240 euros dès la troisième année. Cette taxe est calculée sur base de la longueur de la façade et du nombre d’étages inoccupés.

L’arsenal de la lutte contre cette problématique se complète à présent à Tournai. «En cas d’inoccupation persistante, la Ville de Tournai a décidé d’activer les mesures prévues dans le Code wallon du logement en matière de réquisition de logements et d’actions en cessation», explique Coralie Ladavid, échevine du Logement. «On s’attaque d’abord à de vieux dossiers, qui ont plus de 10 ans. Lundi soir, lors du huis clos du prochain conseil communal, cinq de ces dossiers seront déjà examinés», précise Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai.

La présentation de cette nouvelle mesure s’est déroulée en présence de Philippe Noël, échevin du Logement à Namur, où cette stratégie est également mise en place.

Dans ce domaine, la capitale de la Wallonie et la principale ville de Wallonie picarde veulent faire figure de précurseurs. La Ville de Tournai a opéré, en 2019, 207 constats d’inoccupation de bâtiments, dont 83 ont pu être taxés. Concernant l’action en cessation, «Dix actions ont déjà été menées auprès de propriétaires et six solutions ont été trouvées avant d’aller en justice. Il y a d’abord un dialogue avec les propriétaires ainsi qu’un accompagnement pour ces personnes qui sont souvent désarmées. Il y a des difficultés financières auxquelles sont confrontés certains propriétaires pour maintenir leur bien en état. Il y a aussi un manque d’information des propriétaires quant à la mise en location des logements mais aussi des aides financières ou structurelles existantes», explique Coralie Ladavid.

Après une décision du tribunal, l’action en cessation implique une prise en gestion du bien par la Ville, la réfection du logement, sa location, puis la reprise du bien par le propriétaire, après remboursement des frais à la Ville.