Des acquittements ont été plaidés dans l’affaire Hakimi-Pauwels
Farid Hakimi et Stephane PauwelsCrédits: BELGA
JUDICIAIRE

Des acquittements ont été plaidés dans l’affaire Hakimi-Pauwels

Des acquittements ont été plaidés, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi, délocalisé à Mons pour l’affaire Hakimi-Pauwels. Les plaidoiries se poursuivront jeudi et vendredi.

Rachid Toto, déjà condamné à 18 ans de prison pour des tiger-kidnappings et à huit ans pour un vol avec violence, encourt une peine complémentaire de quatre ans. Me Buisseret, son avocate, a plaidé son acquittement dans ce vaste procès mélangeant attaques violentes avec des armes et trafics de produits stupéfiants.

«Mon client a pris une grosse claque quand il a été condamné par la cour d’appel pour les faits à l’aéroport de Gosselies (attaque à mains armées dans la réserve du Duty free). Son enfant est né quelques mois après son arrestation et son épouse est gravement malade. Il a compris la leçon», dit son avocate.

Comme dans le dossier de Gosselies, le Carolo était resté en contact avec des gens du milieu criminel. Dans le cadre de cette affaire, on le soupçonne d’avoir eu des contacts avec Farid Hakimi et Marwane Hammouda. Ce dernier a écopé de sept ans de prison dans l’attaque de la réserve du Duty free. Les deux hommes étaient proches à l’époque.

Anvar Ediev, un Tchétchène, encourt huit ans de prison pour l’enlèvement et la séquestration de M., connu de la justice pour escroquerie et fraude informatique. Selon l’accusation, Ediev a enlevé M. et l’a emmené dans un champ pour le frapper et lui entailler l’oreille. Ediev a été trahi par son profil génétique retrouvé sur un mégot de cigarette. Selon le procureur, il avait un mobile: M. lui devait de l’argent. Pour Me Lebas, il n’est pas exclu que ce mégot ait été jeté plus tard car le prévenu allait souvent s’amuser là-bas avec des filles. Son acquittement, au bénéfice du doute, a été réclamé.

L’ancien légionnaire moldave, Veaeslav Rogac, risque une peine de dix ans de prison pour des vols avec violence et une peine d’un an pour destruction du mobilier dans sa cellule. Il a seulement reconnu la destruction mobilière. Me Puccini, son avocat, a évoqué des témoignages parlant d’un homme qui avait un accent de l’est. «Mon client a longtemps vécu dans le sud de la France et il n’a pas vraiment d’accent de l’est. De plus, j’ai noté que des témoins avaient entendu des mots polonais et qu’ils avaient entendu parler de tchétchènes. On est bien loin de la Moldavie. Il y a un doute dans sa participation aux faits», dit-il.

Au cas où le tribunal reconnaitrait la culpabilité des trois hommes, leurs avocats ont plaidé des peines avec sursis, donc inférieures à cinq ans.

Enfin, ils ont rejoint les avocats des frères Hakimi qui avaient plaidé l’irrecevabilité des poursuites en raison du rôle ambigu du chef d’enquête, inculpé d’avoir violé le secret professionnel en donnant des informations à la compagne de Marwane Hammouda, une jeune femme dont il était tombé amoureux. Pour les avocats, ce n’est pas seulement «une histoire de fesses» comme l’avait qualifié le procureur fédéral. Ce dernier a contre-attaqué dans sa réplique.

Les plaidoiries se poursuivent jeudi avec notamment celle de Me Sébastien Courtoy. L’avocat bruxellois, conseil de Marwane Hammouda, critiquera aussi l’enquête.