LIBAN

Dévastation après deux explosions à Beyrouth: au moins 100 morts et plus de 4000 blessés

Au port de Beyrouth, deux énormes explosions ont provoqué mardi des scènes de dévastation et un très lourd bilan.

Les deux gigantesques explosions au port de Beyrouth qui ont dévasté mardi des quartiers entiers de la capitale libanaise ont fait au moins 100 morts et plus de 4.000 blessés, indique ce mercredi matin la Croix Rouge libanaise. «Jusqu’ici, plus de 4.000 personnes ont été blessées et plus de 100 ont été tuées. Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes», a ajouté l’organisation dans un communiqué.

Ce bilan reste provisoire, selon le porte-parole du ministère, Reda Moussaoui. Plus tôt le ministre de la Santé Hamad Hassan avait assuré que les hôpitaux de la capitale étaient saturés par l’afflux des blessés.

Dans une première déclaration d’un responsable au sujet de l’origine des déflagrations, le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a indiqué qu’elles étaient peut-être dues à des «matières explosives confisquées depuis des années», mais ajouté attendre la fin de l’enquête.

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Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une première explosion suivie d’une autre qui provoque le gigantesque nuage de fumée. Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde.

Le président Michel Aoun a convoqué une «réunion urgente» du Conseil supérieur de la Défense et le Premier ministre Hassan Diab a décrété un jour de deuil national.

«C’est une catastrophe à l’intérieur (du port). Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps», a indiqué à l’AFP un soldat aux abords du port.

Comme un tremblement de terre

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang.

«J’ai senti comme un tremblement de terre et puis après une énorme déflagration et les vitres se sont cassées. J’ai senti que c’était plus fort que l’explosion lors de l’assassinat de Rafic Hariri» en 2005, provoqué par une camionnette bourrée d’explosifs, a déclaré à l’AFP une Libanaise dans le centre-ville de Beyrouth.

 

 

Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissent passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et pompiers, selon des correspondants de l’AFP à l’entrée du port.

Aux abords, les dégâts matériels et destructions sont importants. Plus de deux heures après l’explosion, les flammes enveloppaient toujours le secteur. Un hélicoptère collecte de l’eau de la mer pour éteindre les incendies, a constaté une correspondante de l’AFP.

«L’explosion puis le champignon»

«Nous avons vu un peu de fumée et ensuite une explosion. Puis le champignon. La force de l’explosion nous a propulsés en arrière dans l’appartement», a raconté un habitant du quartier de Manssouriyeh, qui a assisté à la scène depuis son balcon, à plusieurs kilomètres du port.

Après les explosions, de nombreux habitants, dont certains blessés, marchaient vers des hôpitaux dans plusieurs quartiers de Beyrouth. Devant le centre médical Clemenceau, des dizaines de blessés parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendent d’être admis.

Des voitures, avec leurs airbags gonflés, mais aussi des bus ont été abandonnés au beau milieu de plusieurs routes.

Selon des témoins, les déflagrations ont été entendues jusqu’à la ville côtière de Larnaca, à Chypre, distante d’un peu plus de 200 km des côtes libanaises.

 

Le bâtiment de l’ambassade belge endommagé

Le bâtiment de l’ambassade belge à Beyrouth, la capitale du Liban touchée par deux explosions dans la zone portuaire, a été endommagé, indique dans un tweet mardi soir le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin.

 

 

«Les dégâts causés par les explosions à #Beyrouth sont énormes. Le bâtiment de notre ambassade a été endommagé. Deux collègues et deux membres de leur famille ont été légèrement blessés par des éclats de verre. Nous sommes prêts à fournir une assistance aux Belges sur place», a écrit Philippe Goffin sur le réseau social.

«J’ai pris contact avec l’Ambassade du Liban à Bruxelles pour témoigner de la solidarité de la Belgique et pour proposer notre aide pour surmonter les effets de cette terrible explosion à #Beyrouth», poursuit-il. «Toutes mes pensées vont aux victimes des terribles explosions.»