Le procès Johnny Depp contre le Sun jette une lumière crue sur la vie de la star
L’acteur de 57 ans affirme qu’Amber Heard, 34 ans, a monté un dossier contre lui pendant leurs deux années de mariage, qui s’est achevé par un divorce fracassant en 2017, afin de faire avancer sa carrière à ses dépens.Crédits: Photo News
Monde

Le procès Johnny Depp contre le Sun jette une lumière crue sur la vie de la star

La star hollywoodienne Johnny Depp a une nouvelle fois nié lundi devant la justice britannique s’être jamais montré violent envers son ex-femme, l’actrice Amber Heard, même après avoir été dépouillé par son ancien gestionnaire d’affaires.

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Johnny Depp veut laver son honneur, le voilà amené à déballer son linge sale en public. Le procès intenté à Londres par la star d’Hollywood au tabloïd The Sun qui l’avait présenté comme un mari violent jette une lumière crue sur sa vie et le couple qu’il formait avec Amber Heard.

La star de «Pirate des Caraïbes», 57 ans poursuit depuis mardi dernier le journal britannique et sa société éditrice NGN pour l’avoir accusé en avril 2018 d’être un mari violent, ce qu’il dément avec force.

Pour sa défense, le journal invoque 14 accusations de violences formulées par son ex-épouse, qui remontent aux années 2013-2016. Le couple, qui s’était rencontré en 2011 sur le tournage de «Rhum Express», a divorcé après moins de deux ans d’un mariage orageux, début 2017.

L’actrice de 34 ans avait alors évoqué «des années» de violences «physiques et psychologiques», des accusations vivement contestées par Johnny Depp.

Dans la procédure de divorce, Amber Heard avait retiré sa plainte et Johnny Depp lui avait versé sept millions de dollars, que l’actrice avait reversés à des associations.

Sous le feu roulant des questions de l’avocate de NGN, Sasha Wass, l’acteur s’est retrouvé contraint de s’expliquer sur ses excès, l’alcool, les drogues dès l’adolescence, et de revenir sur les incidents qui ont ponctué la vie du couple qu’il formait avec Amber Heard.

– «Impact permanent» -

Le choix même d’avoir fait ce procès divise les spécialistes du secteur. «Il a été extrêmement mal conseillé d’engager ces poursuites», estime l’avocat spécialiste du droit de la presse Mark Stephens, du cabinet Howard Kennedy.

Exposer un divorce difficile à un tel examen minutieux «est le sommet de la stupidité ou de l’hubris», a-t-il déclaré à l’AFP.

A l’inverse, sa consœur Emily Cox, du cabinet Stewart estime qu’il n’avait pas le choix. A «l’époque d’internet», ne pas poursuivre ces accusations graves portées contre lui «aurait sans aucun doute affecté sa carrière de manière bien plus significative que les détails de sa vie que le public voit aujourd’hui», a-t-elle déclaré dans le Daily Telegraph.

Contrairement à ce qui se faisait dans le passé, «des attaques de cette magnitude ont de nos jours un impact permanent à moins qu’elles ne soient attaquées en justice», estime-t-elle.

Audience après audience, chaque incident, jusqu’au plus scabreux, est passé au crible, Johnny Depp contestant sans relâche les accusations de violences conjugales, son avocat accusant Amber Heard d’avoir construit un dossier contre Johnny Depp, «une sorte d’assurance pour plus tard».

Vidéos, photos, enregistrements sonores, le tribunal a été plongée au cœur de l’intimité du couple.

«De Cendrillon», jolie princesse de conte de fées, «je suis devenu Quasimodo en 0,6 seconde sans avoir rien à dire», a-t-il déclaré vendredi, en référence au personnage du bossu de «Notre-Dame de Paris» de Victor Hugo.

Il affirmé que c’était Amber Heard, elle-même consommatrice de drogues et d’alcool d’après lui, qui cherchait la bagarre de manière chronique et que lui cherchait au maximum à éviter et fuir les conflits.

Johnny Depp accuse quant à lui son ex-épouse de violences, l’accusant par exemple de lui avoir occasionné une importante coupure au doigt avec une bouteille de vodka, ce que l’actrice dément.

Un plâtre avec «un petit dinosaure».

Poursuivant son témoignage au cinquième jours du procès, il a assuré n’avoir pas pu, en mars 2015 à Los Angeles, agripper les cheveux de sa femme d’une main et la frapper de l’autre, dans la mesure où il portait un plâtre avec «un petit dinosaure».

Ce plâtre lui avait été posé, car un bout de son doigt avait été sectionné jusqu’à l’os, selon lui par Amber Heard lors d’une dispute en Australie où il était en tournage.

Johnny Depp est interrogé sur 14 faits présumés de violences conjugales lors d’audiences tournant au grand déballage sur ses addictions et son style de vie débridé, avec publication de messages privés, photos et témoignages accusatoires.

L’acteur a affirmé que c’est Amber Heard qui l’avait attaqué en décembre 2015 et qu’il avait agrippé ses bras pour tenter de l’arrêter, un incident durant lequel leurs fronts «ont pu se heurter».

Il tient pour preuve de son comportement non violent un message que lui avait envoyé peu après le père de l’actrice, David Heard, dans lequel celui-ci admettait que sa fille avait des problèmes d’humeur, comme Johnny Depp avec la drogue et l’alcool. «Mais je t’aime toujours comme un père ou un frère», écrivait David Heard.

La star a assuré n’avoir pas non plus été agressive lors d’une dispute après une fête donnée pour le 30e anniversaire de sa compagne, en avril 2016. Il était arrivé en retard après avoir appris que son ancien gestionnaire d’affaires l’avait délesté des 650 millions de dollars accumulés «depuis (les films) Pirates (des Caraïbes) 2 et 3».

Reconnaissant «possible» qu’il ait fumé à cette occasion du cannabis, une substance ayant, selon lui, un effet «calmant», il a assuré qu’il n’avait donc pas pu être en «rage», comme l’affirme NGN.

Le procès est prévu pour durer encore deux semaines, avec les témoignages de deux anciennes compagnes de Johnny Depp, les actrices américaine Winona Ryder et française Vanessa Paradis, puis celui de Amber Heard en personne.