Pierre-Yves Jeholet «irrité» par la sortie flamande sur la réouverture des écoles
Pierre-Yves Jeholet.Crédits: BELGA
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Pierre-Yves Jeholet «irrité» par la sortie flamande sur la réouverture des écoles

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet (MR) s’est montré irrité par la sortie de la Communauté flamande à propos de la réouverture des écoles dans le cadre du déconfinement, a-t-il fait savoir à l’agence Belga.

Les acteurs de l’enseignement néerlandophone se sont mis d’accord avec le ministre flamand compétent Ben Weyts (N-VA) et les experts du groupe en charge de la «stratégie de sortie» pour proposer une piste de réouverture totale de toutes les classes de primaire et de maternelle à partir du 2 juin, ont-ils annoncé vendredi dans un communiqué.

Le ministre-président francophone Pierre-Yves Jeholet a peu apprécié la démarche. «Chacun y va de ses commentaires. Ça m’irrite un peu de vouloir mettre ainsi le Conseil National de Sécurité devant le fait accompli. Nous devons tous être responsables», a-t-il lancé. «Le CNS a décidé que les maternelles n’ouvriraient pas avant le 8 juin. Nous étions tous d’accord là-dessus et la Flandre était autour de la table. Pour nous, c’est clair, elles ne rouvriront pas avant le 8 juin.»

«Nous avons rencontré les acteurs de l’enseignement mercredi et nous ne sommes pas insensibles à l’appel des pédiatres (pour une réouverture)», a ajouté le ministre-président. «Nous sommes tout à fait sur la même longueur d’ondes, à savoir pouvoir accueillir un maximum d’enfants».

M. Jeholet a affirmé que la Fédération Wallonie-Bruxelles était «prête» pour accueillir davantage d’enfants. «Si les conditions sont assouplies par le GEES (groupe d’experts chargé du déconfinement, NDLR), nous les appliquerons… mais pas unilatéralement. À l’issue du dernier CNS, nous avions convenu que les trois ministres de l’Enseignement allaient rencontrer les experts du GEES pour voir comment assouplir les règles. Cette réunion n’a pas encore eu lieu. J’espère qu’elle se tiendra au début de la semaine prochaine. Je ne vois pas pourquoi on prend des largesses d’un côté et que l’on déroge aux règles unilatéralement. Du côté flamand, on a parfois pris des largesses avec les mesures, notamment sur le respect des silos de 10 personnes. Si cette décision a été prise, c’est qu’il y a des bonnes raisons.»

Plus modérée, la ministre de l’Enseignement obligatoire Caroline Désir (PS) indique de son côté avoir «toujours été plus particulièrement inquiète de l’impact du confinement sur les enfants de maternelle» et se dit dès lors «sensible à l’appel des 269 pédiatres qui prônent leur retour à l’école». «Toutefois, les acteurs de l’enseignement ont indiqué que l’application des normes sanitaires actuelles, très strictes et contraignantes, ne permettra pas de faire rentrer plus d’élèves que ce qui est prévu aujourd’hui. Nous avons donc demandé au GEES et au CNS si et comment un assouplissement de ces normes pouvait être envisagé en toute sécurité, notamment pour les maternelles.»