Les chiffres repartent à la hausse: nouveau record d’hospitalisations et de décès dus au Covid-19 en Belgique
Emmanuel André a dû annoncer une information bouleversante ce matin, le décès d’une jeune fille de 12 ans.Crédits: BELGA
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Les chiffres repartent à la hausse: nouveau record d’hospitalisations et de décès dus au Covid-19 en Belgique

Les derniers chiffres de l’épidémie du coronavirus en Belgique montrent une nouvelle hausse. Il s’agit des plus mauvais chiffres absolus depuis le début des bilans quotidiens.

La vidéo-conférence de presse quotidienne du SPF Santé publique et du Centre de crise a commencé à midi, mais les chiffres sont déjà tombés quelques minutes auparavant via le rapport officiel du site de Sciensano.

Le bilan belge repart malheureusement à la hausse.

Il y a eu 668 nouveaux cas détectés (4937 au total), le nombre le plus important depuis le début de la crise. Parmi les nouveaux cas, 429 étaient en Flandre, 176 en Wallonie et 57 à Bruxelles. Les données sur le lieu de résidence ne sont pas disponibles pour six cas.

Ces données reposent sur les cas analysés et ne reflètent dès lors pas le nombre exact de contaminations dans le pays.

On dénombre aussi plus de 430 nouvelles hospitalisations au cours de la dernière journée. Quelque 2152 personnes sont hospitalisées en ce moment, dont 474 en soins intensifs, précise le rapport. Là aussi, la hausse absolue est la plus importante depuis début mars.

Enfin, 56 nouveaux décès ont été enregistrés au cours des dernières 24h, ce qui porte à 178 le nombre de décès dans notre pays. Sciensano précise qu’il «s’agit des décès rapportés par les autorités, complétés à partir du 23 mars par les données transmises par les hôpitaux». Il souligne que les «notifications des décès peuvent avoir un délai de quelques jours».

Les personnes décédées se situent en majorité dans la tranche d’âge supérieure à 65 ans mais une part significative était âgée de 45 à 64 ans.

Le rapport apporte une seule nouvelle positive, puisque 115 personnes ont pu quitter l’hôpital dans la journée d’hier, un nombre record là aussi. Au total, entre le 15 et le 24 mars, 547 malades sont sortis de l’hôpital.

 

Morceaux choisis de la conférence presse du jour

 

«Pas encore le pic»

 

«Nous ne sommes pas encore au pic de l’épidémie», a déclaré Emmanuel André, porte-parole inter-fédéral lors de la conférence presse de midi faisant le point sur l’épidémie de coronavirus. «Il est donc très important de continuer à maintenir les efforts, tant sur le confinement que sur les différentes autres mesures (hygiène des mains, distanciation physique etc.)».

«Les chiffres montrent l’importance capitale de respecter les mesures», a enchéri le porte-parole du Centre de crise, Benoit Ramacker. «Il faut tenir bon et il faudra encore tenir bon plusieurs jours. Nous n’avons pas le choix, ce n’est que de cette façon que nous pourrons limiter les conséquences» de l’épidémie.

Par rapport au décès, une précision a été apportée également. «Les chiffres proviennent en partie des hôpitaux, mais ils sont aussi rapportés en dehors, notamment via les maisons de repos et de soins», a précisé Emmanuel André.

L’augmentation des chiffres du jour pourrait donc venir d’un délai entre le moment du décès et la notification auprès des autorités.

 

Porter un masque en rue n’est «pas nécessaire»

 

Emmanuel André a répété avec insistance qu’il n’était «pas nécessaire» de porter un masque en rue.

«Porter un masque en rue peut donner une fausse impression de protection car les personnes qui en portent font moins attention à l’hygiène de leurs mains», a-t-il pointé. Lorsqu’on place ou enlève le masque, on risque de se contaminer.

Pour éviter la propagation du coronavirus et d’être contaminé, il faut dès lors respecter les règles qui ont été édictées: éviter tout déplacement non-essentiel (ne pas sortir sauf pour se soigner, faire des courses, prendre l’air et travailler si le télétravail est impossible), respecter la distanciation sociale avec 1,5 mètre entre chaque individu, se laver régulièrement les mains…

 

982 lits sont encore disponibles en soins intensifs

 

Sur les 1.456 lits mis à disposition par les hôpitaux en soins intensifs pour accueillir les patients atteints de Covid-19, 474 sont actuellement utilisés. 982 restent donc disponibles, a assuré mercredi Emmanuel André.

Les infections concernent tout le monde, les deux sexes et toutes les tranches d’âge, «même si l’on remarque davantage d’hommes touchés parmi les personnes plus âgées», a-t-il ajouté. «Les hommes plus âgés, avec des comorbidités, ont plus de risques de développer des complications.» Par contre, dans les tranches d’âge plus jeunes, davantage de femmes ont été diagnostiquées positives au coronavirus. «C’est peut-être dû au fait qu’il y a plus de femmes dans le personnel soignant testé», a-t-il poursuivi.