• Le meurtrier, ses avocats et, en médaillon, la présidente, Annick Jackers.
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Giovanni Damilot coupable, forcement coupable de meurtre

Le Bouillonnais a été reconnu, jeudi, comme auteur du meurtre de Jean-Sébastien Spoiden par le jury. Un verdict attendu ce vendredi. Nous suivons les débats en direct.

(Live à revoir ci-dessous)

À partir du moment où toutes les parties demandaient de répondre par un oui à la seule question posée – celle du meurtre – pour Giovanni Damilot lui-même en aveux, la décision du jury de la cour d’assises du Luxembourg ne faisait aucune surprise.

Car jeudi, le Bouillonnais, âgé de 24 ans, a été déclaré coupable de meurtre sur Jean-Sébastien Spoiden, dans la nuit du 24 au 25 février 2018, à Les Hayons (Bouillon) chez la victime. Les deux amis passaient la soirée ensemble et chacun avait beaucoup bu.

Jean-Sébastien Spoiden n’avait cependant pas apprécié l’état de propreté dans lequel Giovanni Damilot, qui avait occupé la maison de celui qu’il considérait comme son «cousin», l’avait laissée. Et le ton était monté alors que Giovanni Damilot avait vomi. Jean-Sébastien Spoiden était alors en train de couper du bois avec une hachette pour alimenter son poêle.

L’accusé lui avait arraché l’outil. Un premier coup était parti, suivi d’autres au niveau de la tête. Jean-Sébastien, qui venait de fêter ses 32 ans, avait été laissé pour mort. Damilot avait quitté Les Hayons. Un incendie s’était déclaré suite à la proximité du poêle et s’était transmis au corps de Jean-Sébastien Spoiden. De retour le lendemain à Les Hayons, l’accusé avait caché le corps carbonisé à la cave. Mais ce n’est que quatre jours plus tard que le Bouillonnais était passé aux aveux.

«La poursuite de l’horreur»

«Le plus triste dans la trahison, c’est que cela ne vient jamais d’un ennemi», avait lancé, jeudi, à l’entame du débat sur la culpabilité, Me Anne-Catherine Mignon, conseil des parties civiles. Car aussi bien les proches de Jean-Sébastien Spoiden que Giovanni Damilot se fréquentaient. Le beau-frère de la victime étant l’oncle de l’accusé. L’avocat de la famille de Jean-Sébastien Spoiden évoquant une «scène de crime odieuse mais bien organisée» et fustigeant l’attitude de l’accusé. «Personne ne pourra croire aux regrets pour les besoins de la cause car il pleure sur son propre sort», a avancé Me Mignon. Et le conseil des parties civiles de conclure: «L’alcool n’explique en rien la barbarie dont Giovanni Damilot a fait preuve.»

L’avocat général Thibaut Vandamme a évoqué une position empreinte de mensonge chez l’accusé. «Il a achevé Jean-Sébastien Spoiden comme on n’achève même pas une bête dans un abattoir», a martelé le représentant de l’accusation.

Les avocats de Giovanni Damilot l’avaient d’emblée annoncé, ils ne contesteraient pas le meurtre. La défense se questionnant par contre sur l’explication. «Je ne parviens pas à trouver le pourquoi, a concédé Me Renaud Crasset. Le premier coup est accidentel, la suite c’est l’horreur et un état de panique complet.»

La défense était aussi d’accord que la mort résulte des coups. «Jamais on n’expliquera la poursuite de l’horreur et notre client va assumer ses responsabilités.» a ajouté Me Xavier Guiot. Le verdict est tombé dans l’après-midi. Giovanni Damilot est coupable, forcément coupable. Le débat sur la peine a lieu ce vendredi.

 

«Je ne mérite pas que l’on me pardonne»

Pour la première fois depuis le début de son procès, alors qu’il avait droit à la parole en dernier, avant que le jury se retire, Giovanni Damilot a eu ces mots pour les proches de Jean-Sébastien Spoiden: «Je n’ai pas d’excuses et je n’en aurai jamais aucune. Je n’ai jamais voulu la mort. Ce que j’ai fait est impardonnable et je ne mérite pas que l’on me pardonne. La prison pour moi ne sera pas grand-chose par rapport à ce que j’ai fait.»