MONDE

Wuhan, mégapole dynamique transformée en ville fantôme par le coronavirus: «C’est surnaturel»

Berceau du coronavirus, la ville de Wuhan est devenue une ville fantôme en quelques semaines. Une crise qui impacte ses habitants mais aussi les expatriés français et les relations économiques avec l’Hexagone.

D’ordinaire grouillant de vie, la ville de Wuhan s’est complètement figée à cause du coronavirus. Entre routes désertes, trottoirs délaissés et habitants confinés, la mégapole chinoise s’est transformée en véritable ville fantôme. Le drone d’un journaliste de l’AFP a d’ailleurs immortalisé cette vision post-apocalyptique.

Alors que de nombreux expatriés et touristes ont été rapatriés ces derniers jours, quelques irréductibles ont décidé de rester à Wuhan, pourtant berceau de l’épidémie.

Il y a une nouvelle règle en place dans les supermarchés: si un client sort, un client rentre.

C’est notamment le cas de deux Français, qui ont décrit à BFMTV leur quotidien particulier dans cette mégapole en quarantaine. Philippe Klein est particulièrement frappé par l’absence de mouvement dans cette municipalité de plus de 11 millions d’habitants. «Les rues de Wuhan, c’est une ville fantôme. C’est surnaturel de voir cette ville aussi incroyable et dynamique complètement figée», a-t-il confié.

Dans le cadre de leurs efforts pour endiguer l’épidémie et limiter les contaminations, les autorités chinoises ont durci les conditions de sortie à Wuhan. Les habitants ont désormais droit à une permission de deux heures, tous les trois jours. «Il y a une nouvelle règle en place dans les supermarchés. Ils contrôlent le nombre de personnes à l’intérieur. Si un client sort, un client rentre», explique un autre ressortissant français qui réside à Wuhan.

Défendus de se rendre dans la campagne pour fêter le Nouvel an chinois en famille, les millions d’habitants de Wuhan restent donc cloîtrés chez eux en attendant que la situation s’améliore, ce qui explique la désertion des rues de la ville.

Coup dur pour une ville ambitieuse et... très française

Une situation d’autant plus extraordinaire quand on connaît l’importance de Wuhan au sein de l’Empire du Milieu. Située en Chine centrale, la capitale de la province du Hubei est l’un des pôles économiques les plus importants du pays. «C’est une très grande ville universitaire qui a pour ambition de concurrencer Shanghai. Cette crise va ralentir les relations économiques pour un bon moment», explique Thierry Kellner, spécialiste de la Chine contemporaine.

Et le pays qui risque le plus de subir les retombées de cette épidémie, c’est la France, qui entretient des relations très étroites avec Wuhan. «C’est une ville très française. Beaucoup d’expatriés y vivent et il existe énormément de relations commerciales, notamment avec l’industrie automobile française, qui s’est implantée là-bas. Et parmi les 11 cas d’infection recensés en France, plusieurs venaient de Wuhan», ajoute le chargé de cours à l’ULB.

La Belgique épargnée par le virus: deux facteurs en cause

Chez nous, un seul cas positif au coronavirus a été recensé pour l’instant: un quinquagénaire flamand justement rapatrié de Wuhan le 2 février dernier. Celui-ci se trouve en quarantaine à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles pour quelques jours encore.

Si la Belgique est si peu touchée par le virus pour l’instant, cela peut s’expliquer par deux facteurs: le nombre de liaisons aériennes et l’implantation de la communauté chinoise. «Les vols directs depuis la Chine sont peu nombreux en comparaison avec des pays comme la France. Par ailleurs, il n’existe pas une communauté chinoise aussi grande en Belgique qu’en France. Ces deux facteurs expliquent en partie pourquoi plus de cas - 11 contre 1 - ont été recensés en France», précise Thierry Kellner.