VERVIERS

Plantations de cannabis: 1,5 million d’euros réclamé aux 15 prévenus

Ils avaient installé des plantations à Dison (où cela avait mis le feu au bâtiment), Herve, Baelen, Theux, Trooz, Tervuren et Schaerbeek.

Quinze prévenus, âgés entre 29 et 61 ans et principalement originaires de la région de Bruxelles, doivent répondre d’une participation à une organisation criminelle spécialisée dans la mise en place de plantation de cannabis découvertes à Dison, Herve, Baelen, Trooz, Theux, Tervuren et Schaerbeek après l’incendie de la plantation de Dison en septembre 2015.

Les avocats des différentes parties civiles ont réclamé mardi devant le tribunal correctionnel de Verviers près de 1,5 million d’euros à l’encontre des 15 prévenus poursuivis dans le dossier dit «des petits canariens», soit une vaste organisation criminelle spécialisée dans la mise en place de plantations de cannabis en province de Liège et à Bruxelles.

Ancienne menuiserie à Dison

Le 5 septembre 2015, entre 4 h 30 et 7h00 du matin, des observations policières étaient menées à l’ancienne menuiserie Locht dans le centre de Dison. Deux individus, rejoints peu avant 7 heures par un troisième, entraient et sortaient afin d’évacuer le matériel et la récolte de la plantation de cannabis qui y avait été installée neuf mois auparavant par une organisation criminelle bien organisée, selon les éléments du dossier.

Cet empressement était dû aux demandes répétées du versement des arriérés de loyer par le propriétaire des lieux, lequel réclamait quelque 15 000 euros. En réponse, juste avant de fuir, les locataires boutèrent le feu au bâtiment, qui n’était pas assuré. Résultat: une lutte de près de 30 heures par les pompiers de la zone Vesdre-Hoegne et Plateau, qui payèrent un lourd tribut lors de cette intervention puisque trois pompiers furent blessés, dont un très grièvement.

Une partie de la structure du bâtiment s’était effectivement effondrée sur un des pompiers alors âgé de 42 ans. Depuis, ce professionnel, comptant 12 ans de service au sein de la zone Vesdre-Hoegne et Plateau, n’est plus que l’ombre de lui-même. «Il se considère comme mort vivant», a d’ailleurs témoigné Me Masset, son avocat.

Il avait été enseveli et avait subi diverses fractures. Une de ses jambes avait également été écrasée et il avait été brûlé au second degré. «Il a tenté de reprendre son travail un an après les faits mais il a subi un choc post-traumatique important. Aujourd’hui, il reste dans son lit et pleure», a ajouté l’avocat, qui réclame 175 000 euros provisionnels pour son client ainsi que 120 000 euros pour son épouse et 22 500 euros pour chacun de ses enfants, la vie familiale étant totalement bouleversée depuis les faits.

Deux autres pompiers avaient également été blessés. L’un avait été en partie enseveli en tentant de venir en aide à son collègue. Il avait été hospitalisé 18 jours. Le second, brûlé, avait été en arrêt de travail durant deux ans. Leur avocat réclame 5 000 euros provisionnels et une expertise car les conséquences pour leurs familles respectives restent importantes.

Ils nient

L’enquête révèle que parmi les trois hommes repérés à Dison se trouvaient les deux têtes pensantes de l’organisation criminelle, deux quadragénaires de Trooz et Saint-Nicolas (Flandre Orientale). Interrogés, les trois hommes ont nié toute implication malgré les observations policières, le passage de deux d’entre eux le 5 septembre en journée pour s’assurer que le hangar avait bien brûlé sans oublier les écoutes téléphoniques sur leurs GSM ainsi que sur les numéros spécialement activés pour cette opération de grand nettoyage.

Il apparaît également que des numéros néerlandais étaient contactés. «On prend les dernières directives de la part des commanditaires», relève Me Masset, qui soutient que l’ensemble des 15 prévenus savait quelle serait l’issue des plantations en cas de suspicion par des tiers: «Leur seul objectif: s’enrichir au mépris de la santé d’autrui!»

Un million pour le hangar

Parmi les autres préjudiciés, Albert Locht, le propriétaire du hangar qui réclame à l’ensemble des prévenus, en vertu de leur qualité de dirigeant ou de participant à une organisation criminelle, près d’un million d’euros.

Parmi les autres victimes de cette organisation figure la propriétaire d’une habitation de Herve où a également été montée une culture de cannabis. Elle réclame 14 400 euros pour divers dégâts.

Quant à Sibelga, la société gestionnaire des réseaux de gaz et d’électricité à Bruxelles, elle demande 50 000 euros.