Ex-médecin du CHRH inculpé: une dixième victime?
Une famille supplémentaire vient se greffer au dossier du médecin du CHRH poursuivi.Crédits: heymans Archives
HUY

Ex-médecin du CHRH inculpé: une dixième victime?

Une famille soupçonne le médecin inculpé pour assassinats au CHRH d’avoir fait une dixième victime. C’est une première dans l’affaire.

Une famille, qui souhaite garder l’anonymat, se constitue partie civile dans le dossier de l’ancien gériatre du Centre hospitalier régional de Huy (CHRH) déjà poursuivi pour 9 décès suspects suite à de potentiels écarts avec la procédure sur les sédations de fin de vie. «Notre objectif n’est pas de faire un procès avant l’heure, mais bien de récolter des informations utiles pour savoir si on est bien resté dans le cadre légal», précise d’entrée Alexandre Wilmotte, l’avocat de la famille. Les membres de cette famille se disent interpellés par le cas de leur proche, une dame de 76 ans décédée en juin 2017 au service de gériatrie de l’hôpital hutois. «Ils ont le sentiment que le médecin leur a forcé la main au sujet de la sédation, dans une situation émotionnellement difficile.»

Pour rappel, le praticien en question est un sexagénaire licencié par le CHRH en septembre 2018. L’établissement lui reprochait de ne pas avoir respecté les procédures internes en matière de sédations palliatives, justement. Il est depuis inculpé pour l’assassinat de 9 patients, tous passés entre ses mains en 2017 et 2018. Interrogées dans le cadre de l’instruction, aucune des 9 familles n’avait toutefois souhaité se constituer partie civile ni porter plainte.

La défense du médecin s’interroge sur le «timing»

Du côté de la défense, Me Maxim Tölleur dit s’interroger sur le «timing» de la constitution de partie civile. «On parle d’un décès survenu il y a plus de deux ans, et qui n’a fait l’objet d’aucune remarque ni d’aucune plainte auprès du personnel infirmier ou de la direction de l’hôpital, explique l’avocat du médecin. Apparemment, la partie civile se pose des questions. Mais je pense qu’il y avait d’autres manières d’avoir accès au dossier.»

Ce nouveau rebondissement ne change donc rien au discours de la défense, qui affirme depuis le début l’innocence du médecin, décrit comme un homme impliqué et proche des patients et de leurs familles.

Actuellement en liberté sous condition, l’homme peut toujours pratiquer la médecine générale en Belgique et en France. Il ne peut, par contre, plus pratiquer de soins palliatifs, ni prendre contact avec le CHRH.