Le sport namurois pleure Jo Guilleaume
Jo Guilleaume, acteur du développement des pages sportives et du basket wallon.Crédits: ÉdA Philippe Berger – 50287734612
DÉCÈS

Le sport namurois pleure Jo Guilleaume

Avec le décès de notre ancien confrère, originaire de Natoye, notre journal et tout le sport namurois perdent un ami.

Sa santé devenue délicate, l’inéluctable est survenu hier. Jo Guilleaume a passé difficilement le cap de ses 77 ans la semaine dernière. Non sans s’être battu durant 7 ans contre une longue maladie avec cette bonhomie qui l’a toujours caractérisé. Il est parti paisiblement en son domicile de Courrière, sous le regard bienveillant de Sylviane, son épouse, vers qui vont nos pensées. Joseph Guilleaume a perdu son dernier match après en avoir suivi des milliers comme journaliste sportif pendant 33 ans à «Vers l’Avenir». Le 1er novembre 1965, «Jo» débarque dans une rédaction sportive où Maurice Dandumont et Jean Lafleur sont ses prédécesseurs. Durant trente années, les pages sportives connaissent un développement extraordinaire duquel il est le témoin, et l’acteur aux qualités imbattables. La précision est son credo, sans se départir d’une gentillesse et d’une attention pour tous.

Issu, à Natoye, d’une famille très nombreuse, Jo s’est essayé dans sa jeunesse au foot, au basket évidemment, et au cyclisme où, chez les débutants, il porte un maillot donné par Jean Brankart, un proche, grande vedette de l’époque. C’est tout naturellement que Jo s’attelle à ces disciplines pour le compte du journal où le Tour de Namur occupe alors une belle partie de l’énergie. Et jusqu’au Tour de France dont il suit plusieurs éditions. Se liant d’une sincère amitié avec son dernier vainqueur belge (1976), Lucien Van Impe. Deux caractères faits pour s’entendre. Mais aussi avec Claudy Criquielion, la vedette de Splendor, marque namuroise. Jo suit jusqu’au Japon les championnats du monde, à Ustonomiya (1990), où sa barbe éternelle fait sensation.

Jo Guilleaume est aussi le témoin privilégié de l’émergence des clubs belges de football sur la scène européenne, suivant les Lokeren, Beveren ou Waterschei en même temps que les premiers exploits des Diables Rouges. Puis il se concentre sur sa discipline de prédilection, le basket-ball.

Jo y est comme un poisson dans l’eau. Une passion familiale, de Natoye à Neufchâteau puisque son frère Hervé, mayeur de Hamois durant de nombreuses années, préside aux destinées du club condrusien, lui donnant une salle, avant qu’Étienne, le neveu, ne prenne le relais. Alors qu’à Neufchâteau, le «beauf» Jean-Marie Fivet fait aussi du bon boulot. Mais c’est parmi l’élite nationale que Jo Guilleaume noue quelques belles amitiés. Après l’Athénéum ou Salzinnes c’est au «Boule d’or» Standard de Liège et ensuite de nouveau dans le Namurois chez le Mariembourg d’Éric Somme, à Braine ou à Fleurus qu’il est particulièrement apprécié. Avec Mariandenne, Charleroi ou le club proche de notre journal L’Avenir Namur Jo Guilleaume est un acteur de l’émergence du basket wallon. Reconnu et proche de joueurs comme Pierre Cornia, Marc Deheneffe, Jean-Pierre Barbier, Mark Acres, Éric Struelens, Kerry Trotter, David Desy ou tant d’autres, coaches également, qui ne manqueront pas de lui rendre hommage. Sans oublier le basket féminin dont il perçoit l’importance, avec les premiers titres et campagnes européennes de Saint-Servais sous l’ère Olivier-Prinsen. Et enfin, la renaissance des «Lions» de Léon Wandel, jusqu’à l’Euro de 1993.

Pensionné, Jo Guilleaume a continué à écrire, notamment un recueil de nouvelles qui méritent mieux qu’une publication limitée. Le journal, sa «gazette», reste sa préoccupation de chaque instant. Après lui avoir tant donné Jo a alors le bonheur de voir sa fille Sandrine y travailler ainsi que son futur beau-fils Julien. Tout en relatant au passage près de ses anciens collègues les performances musicales ou horticoles de son fils Cédric. Des proches à qui notre rédaction adresse ses plus sincères marques de soutien.