TOURNAI\ANDENNE

VIDÉO\Au cœur de la carrière du pont des Trous à Sclayn

C’est à Sclayn que sont taillées les pierres récupérées lors de la déconstruction du pont des Trous mais aussi des nouvelles pour la reconstruction.

Visite ce vendredi de la carrière de Gore, propriété du SPW, à Sclayn dans l’entité d’Andenne. Là où son extraites et travaillées les pierres réservées aux aménagements publics. Que ce soit pour des bordures, des bancs, des socles de statues, des stèles commémoratives ou pour la restauration et/ou reconstruction de bâtiments et monuments publics comme c’est le cas pour le pont des Trous.

Plusieurs pierres récupérées sur ce dernier édifice ont d’ores et déjà été lavées, triées, retravaillées sur le site de cette carrière qui s’étend de part et d’autre de la N90. Avec, d’un côté, la carrière en tant que telle d’où sont extraits chaque année environ 3000 mètres cubes d’une pierre calcaire très similaire à notre pierre de Tournai. Et de l'autre, les différents ateliers de découpe et de taille.

VIDÉO\Au cœur de la carrière du pont des Trous à Sclayn
David Guillaume es chef d’exploitation de la carrière de Gore . Photo: EdA

Comme nous l’explique David Guillaume, chef d’exploitation, la production de la pierre telle que celle qui sera utilisée pour la reconstruction du pont des Trous nécessite quatre étapes «à commencer par l’extraction, bien entendu. Vient ensuite le débitage où la pierre est en réalité découpée en gros cubes sur les faces desquels il est aisé d’identifier certains problèmes, comme d’intempestives infiltrations d’eau qui relégueront inévitablement ce type de pierre au rebus.

On passe ensuite au clivage où la pierre est débitée en plus petits tronçons livrés aux tailleurs de pierre qui lui donnent sa forme définitive. Un travail réalisé à l’ancienne avec pour seuls outils un marteau et un burin. Les autres opérations étant réalisées par des machines plus pointues comme on le lira ci-dessous.»

++ Tous le détails de cette visite dans l’Avenir/Le Courrier de l’Escaut de ce samedi 14 septembre 2019 ++

Pourquoi seulement 25 % de pierres récupérées ?

Christophe Vanmuysen, inspecteur général du SPW répond à cette question:

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Christophe Vanmuysen Photo: EdA

«Comme cela a déjà été expliqué, notamment par l’archéologue de l’AWAP présent sur le chantier de déconstruction, la pierre de Tournai possède des caractéristiques et une structure interne qui, lors de l’extraction de leur appareillage, peut engendrer une fissuration importante. C’est un phénomène qui avait d’ailleurs déjà été constaté en 1946 lorsque les ouvriers des ponts et chaussées avaient souhaité réutiliser les pierres des parties d’arches non détruites par le dynamitage de 1940. De Plus, ce phénomène touche de manière encore plus sensible les quelques pierres datant du XIVe siècle, extraites des murs du parapet et de l’encadrement des baies des meurtrières. Mais on dépassera sans doute les 25% de pierres récupérées après le démontage des piles qui sera entièrement terminé le week-end prochain.»

Permis de bâtir respecté selon Greish

Représentant le bureau d’études Greisch, Frédéric Gens, a notamment rappelé les différentes conditions imposées par le permis de bâtir délivré le 27 juin 2019 qui, selon lui, ont toutes été respectées, soit: le respect des contraintes patrimoniales et du rythme ternaire des arches; le maintien du caractère médiéval de l’architecture; la reconstruction d’une arche centrale homothétique a`l’existante, libérant un gabarit de 12.5m par 7 m et maintien de la largeur de la coursive existante; la récupération et la réutilisation autant que possible des pierres existantes et enfin, le placement de lisses de guidage avec un alignement droit de 25m en amont et en aval de l’ouvrage.

VIDÉO\Au cœur de la carrière du pont des Trous à Sclayn
Frédéric Gens est chargé de projets au sein du bureau Greisch Photo: EdA

«Ces infrastructures permettent de guider les péniches vers le centre du fleuve et donc au droit de l’arche centrale, étant donné la largeur résiduelle assez faible (12,5m, pour des péniches pouvant atteindre 11,4m de largeur) du gabarit de navigation, explique Frédéric Gens. De plus, elles assureront une protection efficace de l’ouvrage et des murs de quais et pontons proches de ce dernier. Sur près de 130m sur chaque rive, les structures de ces pontons seront recouvertes de bois, dans le droit fil de ce qui est actuellement réalisé au niveau de la halte nautique évolutive (quai Taille-Pierres).

Ces lisses reposeront chacune sur 11 pieux de béton armé de 100cm de diamètre et près de 20m de longueur, qui seront forés et coulés pour être solidement ancrés dans le bedrock. Au sommet de ces pieux, des structures rotatives et amorties soutiendront les défenses en bois, et permettront à ces dernières d’emmagasiner l’énergie liée à d’éventuels heurts de bateaux sans être endommagées.

Potentiellement et à confirmer selon les choix de mise en œuvre qui seront effectués par l’entreprise désignée, la réalisation de ces lisses de guidage devancera celle des travaux de reconstruction des arches, afin que les phases de chantier (réalisation des piles, coffrage des voutes et des élévations…) soient protégées d’éventuels incidents de navigation.»

Le pont des Trous comme on pourra le (re)découvrir en 2021

Le resprésentant du bureau Greish est également venu avec, sous le bras, des images de synthèse de ce que sera demain, le pont reconstruit, notamlment avec la passerelle métallique en haut de l’arche centrale. Et voici ce que cela donne:

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La passerelle constituée d’une plaque en inox ajourée avec vue sur le fleuve à travers un treillis quasiment invisible mais indispensable pour assurer la sécurité des visiteurs. Sur cxhaque côté, les sommets de l’arche pourront être utilisés également comme cheminement pour ceux et celles qui le souhaitent... Photo: EdA

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Le pont des Trous après sa reconstruction. Photo: Bureau Greish

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Le pont des Trous vu depuis la passerelle qui jouxtera le pont Delwart. Photo: Bureau Greish