«Charles Michel doit partir dès la rentrée», selon des pontes anonymes du MR
Charles Michel n’est plus soutenu par tous les membres du MR.Crédits: Photo News
POLITIQUE

«Charles Michel doit partir dès la rentrée», selon des pontes anonymes du MR

Un groupe anonyme de six ministres, anciens ministres et parlementaires MR s’est confié: ils estiment que Charles Michel, qui prend ses fonctions de président du Conseil européen en décembre, doit quitter la présidence du mouvement réformateur dès la rentrée.

«Charles Michel donne des signaux selon lesquels il entend rester jusqu’au premier décembre. Pour nous, il faut qu’il parte avant cela», dit l’un d’entre eux dans «Le Soir». «La campagne interne au MR doit être lancée dès la rentrée et le nouveau président doit prendre ses fonctions au plus tard le deuxième mardi d’octobre. Il n’appartient pas à un président en partance de travailler au positionnement du MR en Wallonie pour cinq ans et il ne serait pas sain qu’un président nommé tardivement se lance dans la bagarre pour la formation d’un gouvernement fédéral.»

Le groupe appelle également à refonder le parti et à enterrer la guerre des clans.

«Ceux qui partent ou sont sur le point de partir doivent relâcher leur emprise sur le mouvement. Ce sont ceux qui ne partent pas qui doivent organiser le mouvement pour les cinq ans qui viennent.»

 

La contre-attaque du MR

Quarante-cinq personnalités du MR, dont plusieurs ministres et députés, ont affirmé que l’« unité » et la « sérénité » régnaient au sein du Mouvement Réformateur.

Ces 45 personnalités réitèrent également leur « soutien » et leur « confiance » à Charles Michel en tant que président de la formation libérale francophone en lui demandant de « poursuivre sa mission ».

« Nous, ministres, présidente d’assemblée parlementaire, chefs de groupe et administrateur délégué du Centre Jean Gol du Mouvement Réformateur, rappelons que le MR est pleinement mobilisé dans l’unité et la sérénité pour l’avenir de notre pays, de nos régions et de l’espace francophone », affirment-elles dans un communiqué conjoint publié par le porte-parole du parti, Christophe Cordier.

« Nous regrettons et condamnons les expressions anonymes qui vont frontalement à l’encontre des valeurs libérales de liberté et de responsabilité. Depuis les élections, les différentes instances se sont réunies à différentes reprises et chacun a l’occasion en permanence de communiquer et de défendre son point de vue », ajoutent ces personnalités libérales.

« Le président du MR (Charles Michel, par ailleurs Premier ministre démissionnaire et futur président du Conseil européen, ndlr) mène avec Willy Borsus (le ministre-président wallon sortant) les rencontres exploratoires au niveau wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au niveau fédéral, Didier Reynders (vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Défense) en tant qu’informateur royal travaille également pour rapprocher les points de vue entre les différents partis. Ces discussions sont essentielles pour construire l’action politique durant les cinq prochaines années et relever les défis d’avenir pour nos concitoyens », poursuit le communiqué.

Il rappelle que le Mouvement Réformateur est « la deuxième force politique francophone ».

« A ce titre, il doit peser sur l’avenir de la Belgique, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de nos Régions. Le projet que nous souhaitons concrétiser repose sur un programme élaboré et approuvé par les militants dans le cadre d’un processus participatif. C’est dans cette direction que nous souhaitons poursuivre », indiquent encore les signataires.

Ils soulignent que le conseil du MR a, le 18 février 2019, demandé unanimement à Charles Michel d’assumer le mandat de président du MR jusqu’à l’issue du processus électoral et des négociations gouvernementales.

« Ce sont les instances démocratiques et statutaires du MR qui détermineront le calendrier interne, lequel prendra en compte les développements en lien avec les formations des différents gouvernements, l’entrée en fonction de Charles Michel au Conseil européen au 1er décembre et de la transition préalable à celle-ci. La succession sera organisée conformément aux statuts pour permettre une entrée en fonction à la présidence du MR au plus tard au 1er décembre », indiquent encore les signataires.

« Nous réitérons naturellement tout notre soutien et notre confiance à Charles Michel et lui demandons de poursuivre sa mission de président du MR jusqu’à la désignation d’un successeur », concluent ces responsables du parti.

Parmi eux figurent les six ministres fédéraux MR démissionnaires (Didier Reynders, Daniel Bacquelaine, Marie Christine Marghem, Sophie Wilmès, François Bellot et Denis Ducarme), la présidente du Sénat, Sabine Laruelle, les eurodéputés Olivier Chastel et Frédérique Ries, l’ex-ministre et ancien député européen Louis Michel, M. Borsus et les ministres wallons sortants Jean-Luc Crucke, Valérie De Bue et Pierre-Yves Jeholet.