Le MR accepte de voir PS et Écolo, mais «la négociation ne sera pas simple»
Willy Borsus a prévenu qu’il y a «des divergences assez profondes sur un certain nombre de points».Crédits: BELGA
POLITIQUE

Le MR accepte de voir PS et Écolo, mais «la négociation ne sera pas simple»

Le MR, par la voix de Willy Borsus, s’est dit prêt à rencontrer le PS et Écolo pour faire avancer la constitution d’un gouvernement wallon. Mais ce ne sera pas simple.

Willy Borsus, sur Bel RTL ce matin, a affirmé que le MR acceptait l’invitation du PS à une rencontre exploratoire, en compagnie d’Écolo. Mais le Ministre-Président wallon en affaires courantes sait qu’il y a du travail pour trouver un terrain d’entente.

«Nous avions indiqué que nous serions disponibles pour prendre nos responsabilités. Donc nous acceptons cette réunion. Réunion qui devra fixer les points de départs puisque la note de convergence entre le PS et Écolo est un des éléments», a déclaré Willy Borsus.

Un point de départ qu’il faudra corriger pour y faire rentrer les demandes des libéraux. «La négociation ne sera pas simple, il y a des divergences assez profondes sur un certain nombre de points», prévient Willy Borsus.

Avant ce «oui» du MR, Écolo avait également confirmé être prêt à une réunion exploratoire. Si cette rencontre avec les libéraux est positive, Écolo entamera des négociations en vue d’élaborer des déclarations gouvernementales en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Écolo constructif mais «n’oublie pas»

Le coprésident d’Écolo Jean-Marc Nollet a montré jeudi sur La Première (RTBF) un certain empressement à vérifier si le MR est prêt à construire des accords de gouvernement en Wallonie et en Fédération sur base des notes dites «coquelicot».

Les notes coquelicot ne sont «pas à prendre ou à laisser, mais venez avec vos propositions d’élargissement et d’approfondissement et nous vérifierons s’il y a un chemin», a indiqué M. Nollet à l’adresse des réformateurs.

Il souligne plusieurs accents de cette note concernant la lutte contre les inégalités sociales et le dérèglement climatique, le redéploiement économique dans le sens d’une économie plus circulaire ainsi que la bonne gouvernance.

M. Nollet dit avoir entendu dans les prises de position récentes de M. Borsus et du vice-président MR du gouvernement wallon Jean-Luc Crucke «des éléments de réponse» allant dans le sens de la note coquelicot, comme l’objectif de 55% de réduction des émissions de CO2 d’ici 2030 ou l’économie circulaire.

«Ne perdons pas de temps. Il y a peut-être une opportunité d’avoir une majorité solide, stable. Tout le monde a à y gagner, et l’on ne sera jamais trop nombreux pour lutter contre le dérèglement climatique», a ajouté M. Nollet.

Écolo et le PS ont pris le temps ces dernières semaines d’explorer les pistes d’un gouvernement PS-Écolo élargi au PTB ou au cdH, mais les refus de ces derniers de s’y associer ont contraint les Rouges et les Verts de se tourner vers les Bleus.

M. Nollet en veut beaucoup au cdH, qu’il accuse de «se regarder le nombril alors que la planète brûle». «Nous allons tout tenter pour que ce qui est dans les notes puisse se traduire dans un accord de gouvernement, tout faire plutôt que tout fuir comme le fait le cdH». Il avertit toutefois qu’accepter d’entamer des discussions ne signifie pas entrer dans un gouvernement. Concernant la Fédération Wallonie-Bruxelles, il rappelle aussi que DéFI a répondu favorablement à l’appel PS-Écolo.

La virulence du MR à l’égard d’Écolo durant la campagne électorale a laissé des traces chez les Verts, mais «on vit avec, on n’oublie pas», a commenté laconiquement M. Nollet.