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Comment et pourquoi la guerre froide ?

La Belgique a été libérée il y a 75 ans. La « guerre froide » commence peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. Cette expression fait historiquement référence à la longue période de paix armée entre le monde capitaliste occidental et le monde communiste.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans l’attente d’un règlement définitif, l’Allemagne est divisée en quatre zones d’occupation. Dans l'ouest du pays, il y a une zone française, une zone britannique et une zone américaine. L'est est occupé par l'Union soviétique. La ville de Berlin est également divisée en quatre sections.

Le blocus de Berlin

En 1948, l'Union soviétique bloque les routes d'accès à Berlin-Ouest dans le but d'intégrer les trois secteurs occidentaux de la ville. De juin 1948 à mai 1949, les États-Unis et la Grande-Bretagne organisent alors un pont aérien pour ravitailler Berlin-Ouest. Au total, plus de 2,3 millions de tonnes de produits alimentaires et autres denrées sont acheminés par avion. Le blocus de Berlin est souvent considéré comme le début de la « guerre froide ».

Durant le blocus de Berlin, la ville est ravitaillée par les airs.

Paix armée

En 1949, afin de se défendre contre une éventuelle attaque de l'Union soviétique, un certain nombre de pays occidentaux créent l'OTAN. En 1955, les pays communistes de l'Europe de l'Est et l’Union soviétique signent le pacte de Varsovie. C’est ainsi que deux alliances militaires voient le jour en Europe. Malgré une course aux armements pendant plusieurs décennies, les deux alliances ne se sont jamais directement affrontées. En ce sens, la guerre est dite « froide » : aucun coup de feu n'a été tiré en Europe entre les armées régulières de l'OTAN et le pacte de Varsovie. Des coups de feu ont cependant été tirés sur des citoyens est-allemands qui ont tenté de s'enfuir vers l'ouest et nombre d'entre eux n'ont pas survécu à leur tentative d'évasion.

Mais, la guerre froide  fut néanmoins une guerre. Et la bataille a également été menée de manière indirecte dans d’autres parties du monde. La guerre entre la Corée du Nord communiste (soutenue par la République populaire de Chine et l'Union soviétique) et la Corée du Sud (soutenue par divers pays des Nations Unies, dont la Belgique) tout comme la guerre du Vietnam, entre le Nord-Vietnam (soutenue par Chine) et le Sud-Vietnam (soutenu par les États-Unis), en sont des exemples.

Pendant la crise cubaine, des armes nucléaires russes font route vers Cuba

Chaud et froid

Durant cette période de guerre froide, il y a eu des moments de tension extrême entre les deux blocs. La crise cubaine de 1962 a été un moment particulièrement tendu : lorsque l'Union soviétique déploie des missiles nucléaires à Cuba, le président John F. Kennedy menace de prendre des mesures radicales. Un conflit nucléaire est évité de justesse.

À la fin des années 1960, s’amorce une période de « dégel ». Le président américain Nixon tente un rapprochement avec l'Union soviétique. Les superpuissances signent un traité visant à réduire leur arsenal nucléaire. Le dégel prend toutefois fin en 1979, lorsque l'Union soviétique décide d’envahir l'Afghanistan. La guerre froide s’enflamme une nouvelle fois et une course aux armements commence. L'Union soviétique déploie des missiles SS-20 avec lesquels elle pourrait presque anéantir toutes les installations de l'OTAN en Europe. En réponse, les États-Unis positionnent des missiles à moyenne portée (missiles nucléaires Pershing II et Cruise) sur le territoire des partenaires européens de l’OTAN.

La fin de la guerre froide

Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985. Il veut réformer l'Union soviétique de l'intérieur. Parallèlement, un désir de liberté accrue et de prospérité grandit en Europe Orientale. Cela provoquera la chute du mur de Berlin en 1989. La chute du mur marque symboliquement la fin de la «  guerre froide ». Les événements s’enchaînent ensuite rapidement : le pacte de Varsovie et l'Union soviétique s’effondrent. La fin de la guerre froide n’est cependant pas synonyme de fin de tensions et de conflits en Europe. Nous l’aborderons dans un prochain article.

Les forces armées belges en Allemagne

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’armée belge prend le contrôle d’une zone relevant du secteur britannique en Allemagne. La région située entre Aix-la-Chapelle, Cologne, Soest, Siegen et Cassel est occupée par les « Forces belges en Allemagne » (FBA). En 1955, la République fédérale d’Allemagne devient partenaire de l’OTAN. Une période de coopération débute entre les FBA et la République fédérale. Les soldats belges ont pour mission de protéger la République fédérale en cas d’offensive par les forces du pacte de Varsovie.

Les soldats belges et les civils employés par l'armée vivent avec leurs familles dans des quartiers qui leur sont propres, avec des magasins et des écoles belges pour leurs enfants. La région sera de ce fait surnommée « la dixième province de Belgique ». Après la fin de la guerre froide, la présence belge en Allemagne est réduite. En 2004, la dernière caserne des FBA, située à Troisdorf-Spich, est fermée.

Bunker de commandement Kemmel

Au début des années 50, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg et les Pays-Bas construisent un bunker de coordination pour la défense aérienne de l'Europe Occidentale sur le mont Kemmel (NDLR : Kemmelberg est le point culminant de la province de Flandre-Occidentale). En 1963, le bunker est transformé en quartier général des forces armées belges en cas de guerre, ou de conflit. Le Bunker de commandement Kemmel est aujourd’hui devenu un musée (Kemmelberg museum) sur la guerre froide en Belgique.