Le cannabis en cause dans le naufrage mortel d’un chalutier
Deux personnes sont décédées dans le naufrage.Crédits: REPORTERS
FRANCE

Le cannabis en cause dans le naufrage mortel d’un chalutier

Les autorités françaises ont conclu dans un rapport d’enquête que le naufrage d’un chalutier qui a fait deux morts en 2018 en Bretagne était notamment imputable à «l’influence du cannabis» sur un matelot.

L’«Ophélie», un chalutier d’une dizaine de mètres, avait fait naufrage dans la nuit du 3 au 4 décembre 2018 au large de Saint-Brieuc, en Bretagne (Ouest de la France), avec deux marins à bord, un matelot de 44 ans et le patron de 31 ans.

La perte de stabilité, qui a entraîné le naufrage de l’Ophélie, «est très probablement due à une gestion inadaptée de la croche du chalut sur une roche», note jeudi le rapport du Bureau enquête accident (BEA), l’organisme qui a mené l’enquête.

L’armateur s’est dit «surpris par l’absence de réaction de l’équipage pour faire face à une croche», un manque de réaction sans doute imputable «aux effets du cannabis sur les capacités cognitives du matelot» et «à l’absence du patron en timonerie», relève le BEA.

Face à cette avarie, le cannabis (9,8 ng/mg de THC dans le sang du matelot) a sans doute provoqué «un allongement de son temps de réaction et une mauvaise coordination de ses mouvements alors qu’il (le matelot, NDLR) était confronté à une situation nécessitant la pleine possession de ses moyens», note le rapport.

Pour le patron, dont le décès est consécutif à «un choc violent au thorax» et non à une noyade, «les tests de dépistage d’alcoolémie et de drogue n’ont pas été effectués» compte tenu du délai entre son décès et l’examen médical, précise le BEA.

Dans ses enseignements, le bureau d’enquête indique que «les équipages des navires de pêche doivent avoir conscience des risques encourus lorsque leur capacité de réaction est diminuée par la consommation de cannabis».

En France plusieurs voix, notamment à gauche, exhortent les pouvoirs publics «à agir vite» pour légaliser le cannabis au nom du «pragmatisme», dans une tribune publiée mercredi dans l’Obs.